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EN RÉSUMÉ L’illusion quantique est une expression choisie pour illustrer comment la référence à une science rigoureuse en dehors de son domaine de compétence est utilisée pour valider implicitement des thèses qui proposent une représentation de la réalité plus enviable que celle qui domine actuellement. Ces thèses apportent une solution au malaise fréquemment ressenti par l’explication mécaniste et matérialiste du fonctionnement du monde et de la vie qui a conduit à un individualisme qui dégrade progressivement la qualité de vie du plus grand nombre.Cette solution est cependant illusoire. Elle repose sur des interprétations subjectives d’une science qui fascine par les potentiels qu’elle laisse entrevoir. Et comme la plupart d’entre nous ne sont pas en mesure de comprendre les équations particulièrement complexes de la physique quantique, suivre une telle voie nous soumet à l’éclairage de ceux qui savent, un peu comme dans les religions les fidèles suivent aveuglément les guides qui ont accès à la connaissance. Considérer que les lois quantiques éclairent notre réalité risque de nous déconnecter de ce qui peut être expérimenté personnellement et donner un certain pouvoir à ce qui savent ce que nous ne pouvons pas savoir et seulement croire. Les visions quantiques du monde, de la vie ou de la conscience reposent sur des croyances peu rationnelles et faussement validées par la science. Il y a au moins trois raisons pour lesquelles la physique quantique est inapte à devenir la vérité qui éclaire notre réalité. Parler ainsi d’illusion quantique n’est pas un rejet d’une physique qui a largement fait ses preuves dans le domaine infiniment petit des particules élémentaires, par la rigueur de sa démarche et ses applications technologiques ultra-performantes. Il s’agit plutôt de remettre en question l’hégémonie sous-tendue par son statut de reine des sciences, dans un monde qui repose sur un paradigme matérialisme scientifique. La remise en question porte uniquement sur les extrapolations qui appliquent ses lois au-delà de leur domaine de pertinence et s’appuient sur ces lois pour crédibiliser des hypothèses spéculatives et en faire des illusions de vérité. L’article est particulièrement long et approfondit certains aspects, car une telle remise en cause nécessite une rigueur argumentaire et un étayage solide. |
Le paradigme dominant qui formate les croyances de l’humanité occidentale postule un monde matérialiste soumis à des lois mécanistes. Sa référence de connaissance repose sur la science du XIXe siècle, et la dynamique des valeurs dominantes conduit à l’individualisme, la compétition, et la recherche de succès personnels pour jouir au maximum des plaisirs de la vie.
Cette période de l’humanité apparue progressivement après le Moyen Âge a libéré du pouvoir des religions pour ouvrir un espace de liberté, de meilleur confort de vie et de possibilité d’épanouissement personnel. Elle a eu sa période de gloire, et atteint désormais ses limites. Elle ne répond plus aux aspirations humaines. Cette insuffisance a conduit à une inquiétante croissance des addictions (pour maintenir le besoin de stimulation ou d’échappement) et des états dépressifs quand l’adaptation n’est plus possible. La dramatique détérioration de la planète est une autre conséquence.
Trouver des solutions par le progrès est une fuite en avant qui aggrave la difficulté, car cela maintient la dynamique dans un paradigme qui a créé le problème et ne peut donc pas le résoudre.
Aller vers un nouveau paradigme semble une évidence, avec cependant des divergences sur celui qui ouvre vers le meilleur avenir. Allons-nous vers une nouvelle spiritualité libérée de son dogmatisme ou vers une vision systémique qui intègre matérialisme et spiritualisme sans hiérarchie de causalité entre l’un et l’autre. La physique quantique qui sert parfois de caution à un nouveau paradigme est-elle une référence fiable pour cela ?
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1. NAISSANCE DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE
Les anomalies de la physique classique
Au début du XXe siècle, forte de la mécanique de Newton avec ses multiples applications technologiques et de l’électromagnétisme de Maxwell, la physique se sentait toute puissante et à quelques pas de pouvoir expliquer l’ensemble de la réalité dans laquelle nous vivons. Il restait cependant à résoudre quelques anomalies : le rayonnement des corps noirs (la « catastrophe ultraviolette »), l’effet photoélectrique, le spectre des raies atomiques, l’instabilité de l’atome selon le modèle de Rutherford, le plus abouti à ce moment-là.
La solution par le changement de paradigme
L’absence de solutions à ces anomalies a ouvert la voie à des hypothèses transgressives, avec des points de vue qui sortent du paradigme sur lequel reposait toute la physique d’alors. Ainsi, l’hypothèse de Max Planck, bien que semblant a priori farfelue, a résolu la prédiction du rayonnement des corps noirs. Reprise par Albert Einstein, elle a permis une explication de l’effet photoélectrique. Puis, avec Niels Bohr, elle a conduit à un nouveau modèle de l’atome libéré de ses anomalies. Ainsi est née la mécanique quantique, par une démarche scientifique exemplaire qui accepte la confrontation à l’expérience et sait se remettre en cause quand celle-ci révèle des insuffisances.
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2. UNE BRÈVE HISTOIRE DE LA PHYSIQUE MODERNE
De la mécanique à la physique quantique
Tout au long du XXe siècle, sur les bases de la mécanique quantique développée par Planck, Bohr, Heisenberg, Schrödinger… et de la relativité d’Einstein, et de la mise en cohérence de l’ensemble par quelques artifices de calcul (la renormalisation, qui sera abordée plus loin), s’est développée une nouvelle physique, résolument différente de celle du XIXe siècle.
On l’appelle couramment physique quantique, du fait que les bases de la mécanique quantique sont déterminantes et que c’est autour de ces bases que tente de se construire, en vain jusqu’à ce jour, une théorie complète. Une telle théorie qui est le graal ardemment recherché et jamais trouvé de manière à obtenir le consensus par les physiciens, serait capable d’intégrer les deux composantes actuellement incompatibles de la physique moderne : la mécanique quantique (qui exclut la gravité) et relativité générale (qui intègre la gravité).
L’existence de la gravité étant une évidence, il suffirait donc d’intégrer la gravité à la mécanique quantique, mais cela s’avère très compliqué et nécessite des constructions complexes qui s’égarent dans des abstractions et des artifices de plus en plus étranges.
Les grandes étapes du développement de la physique
Le schéma suivant résume les grandes étapes du développement de la physique moderne.
Cette remise en cause a complètement changé la vision de la matière et de l’énergie sans pour autant mettre à la poubelle les acquis de la physique de Newton et de Maxwell. Elle a simplement restreint le domaine d’application de la physique classique aux domaines où elle est performante.
Les diverses avancées de la physique quantique ont toujours suivi une démarche scientifique exemplaire : observation de phénomènes, mise en équation pour formaliser leur mécanisme, prédictions de propriétés qui sont ensuite validées par des expériences reproductibles.
Du fait que cette science traite d’une réalité qui se manifeste dans une dimension inaccessible à l’observation directe, elle ne repose que sur des calculs et des vérifications par des mesures appareillées, ce qui pourrait en faire la science d’une réalité virtuelle. C’est la rigueur de ses calculs et des validations expérimentales qui en ont fait une science robuste qui affirme que ce que décrivent les équations est plus réel que ce que nous observons avec notre sensorialité limitée.

De nombreuses avancées ont eu un intérêt majeur pour la connaissance fondamentale en sciences physiques, et pour développer les applications technologiques omniprésentes dans le monde du XXe siècle (paragraphe 3).
Du point de vue de la philosophie et de la représentation de la réalité dans laquelle nous vivons, quatre points particuliers, sur lesquels des interprétations divergent, sont intéressants à considérer.
– L’équation de Schrödinger, la fonction d’onde et le collapse (paragraphe 4).
– La réversibilité du temps (paragraphe 5).
– La décohérence et la restriction du domaine d’expression des lois quantiques (paragraphe 6).
– L’intrication et la non-localité (paragraphe 7).
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3. LES ATOUTS DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
La principale force de la physique quantique, depuis ses origines, est de proposer un modèle prédictif qui se vérifie par l’expérience. Elle est ainsi une véritable science, et cette validation expérimentale permanente maintient un socle de confiance chez la majorité des physiciens.
Cette capacité à prédire des phénomènes a permis des applications technologiques remarquables : les semi-conducteurs et l’électronique, le laser, l’IRM, l’énergie nucléaire, les techniques de cryptage, les nanotechnologies…
Cette nouvelle physique devenue toute-puissante, avec sa complexité abstraite accessible uniquement aux physiciens aguerris, est désormais reconnue comme la référence majeure de la connaissance de la matière. Dans un monde qui repose sur un paradigme matérialiste, cela veut dire la reine des sciences.
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4. L’ÉQUATION DE SCHRÖDINGER, LA FONCTION D’ONDE ET LE COLLAPSE
L’équation de Schrödinger a révolutionné la physique. Elle formalise que le comportement d’une particule ne suit pas une trajectoire déterminée, mais évolue dans un éventail de possibilités, dont une seule sera retenue par l’observation. Pour chaque possibilité, on peut définir la probabilité avec laquelle elle peut être fixée par une observation.
On dit parfois que le comportement de cette particule est une fonction d’onde, avec de multiples possibles, qui « s’effondre » lors de l’observation. Ce passage d’une multitude de possibles à un seul qui se stabilise est appelé collapse, ou réduction du paquet d’ondes, après lequel apparaît un état propre unique, clairement défini, qui devient réalité.
En généralisant ce que formalise l’équation de Schrödinger, on pourrait dire que le mode réel est une multitude de possibles et que seule l’observation crée une réalité définie.
La vérité selon la physique sort des équations
Ce phénomène étrange, parfaitement maîtrisé par le calcul mathématique, a été maintes fois vérifié et validé par les expériences qui confirment les prédictions calculées. Ce respect rigoureux de la démarche scientifique conduit à considérer que la vérité de la matière fournie par les équations est plus fiable que celle que nous observons, qui est incomplète ou illusoire *.
L’équation de Schrödinger dit ce qui se passe avant et après le collapse, mais pas ce qui crée ce collapse que l’on associe à l’observation. Cela fait l’objet de diverses hypothèses qui ont dessiné plusieurs courants majeurs, divergents par les interprétations de la réalité qui en découle.
Les principaux sont résumés dans les deux tableaux suivants :
*Nous poserons plus loin la question dans l’autre sens : où se trouve l’illusion ? Dans le fait de ne pas voir la face cachée des choses, ou dans la croyance qu’une modélisation de la réalité à partir de propriétés des particules validées expérimentalement est cette réalité ?
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Courant |
Principe |
Commentaire |
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Interprétation de Copenhague Niels Bohr – WErner Heisenberg (1927) |
La mesure crée le résultat. Avant la mesure, il n’y a pas de réalité définie.
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C’est la vision orthodoxe de la physique quantique, résolument matérialiste, qui laisse une place importante au hasard. |
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Les mondes multiples Hugh Everett (1957) |
Il n’a pas d’effacement des autres possibles lors de l’observation : tous demeurent dans des dimensions parallèles, créant un nombre infini d’univers parallèles. |
Une vision conceptuelle particulièrement abstraite, qui a eu une certaine popularité qui continue à alimenter certaines visions du monde. |
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Décohérence H. Dieter Zeh (1970) Wojciech Zurek (1980-1990)
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C’est l’entrelacement avec l’environnement qui efface la cohérence quantique avec tous ses possibles. Dès lors qu’il y a un certain niveau d’interactions, le quantique devient classique, avec une seule trajectoire pour un objet défini
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Vision pragmatique qui constate que la mécanique quantique ne s’applique qu’à la dimension des particules et structures simples isolées, pas au monde macroscopique dans lequel l’environnement lui-même se comporte comme un observateur permanent et universel qui lui donne une réalité unique.
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Le pilotage par les variables cachées – L’ordre implicite. Louis de Broglie (1923-1927) David Bohm (1952) |
La particule a une position réelle, guidée par la fonction d’onde et déterminée par une onde-pilote cachée, agissant de manière non-locale. Il n’y a pas réellement de multitude des possibles car l’ordre implicite définit la réalité qui va être observée. |
Vision réaliste sans décalage fondamental entre le monde microscopique et macroscopique et qui écarte le fait que la réalité émerge par hasard. |
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Interprétation relationnelle Carlo Rovelli – 1996 |
Les propriétés n’ont de sens que par rapport à un observateur, il n’y a pas de réalité absolue. |
Vision antiréaliste par négation de toute réalité. C’est la vision de Copenhague poussée à l’extrême |
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Sur ce qui crée le collapse, on retrouve 6 courants, dont 3 sont déjà cités dans le tableau précédent.
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Courant |
Ce qui crée le collapse |
Commentaire |
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John Von Neumann & Eugène Wigner |
L’observation consciente |
Position minoritaire en physique, mis en avant par les courants qui cherchent à relier physique quantique et spiritualité |
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Niels Bohr (point de vue de Copenhague) |
L’interface avec un appareil de mesure macroscopique |
On peut s’interroger si la cause est la mesure (l’observation) ou simplement l’interférence avec une autre structure. |
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GRW (Giancarlo Ghirardi–Alberto Rimini & Tullio Weber) – 1986
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Le bruit fondamental universel |
Dans les deux cas, c’est un processus physique réel, objectif et omniprésent qui crée le collapse, indépendamment de tout observateur. L’état de superposition n’est donc possible que dans un cadre d’isolement théorique ou expérimental. |
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Roger Penrose – 1990 |
La gravité |
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Hugh Everett (1957) |
Il n’y a pas de collapse, juste une intrication entre l’observateur et un état observé. |
Dans la continuité de l’hypothèse des mondes multiples |
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David Bohm (1952) |
Il n’y a pas de collapse qui crée au hasard une réalité, le pilote caché détermine un état défini, les autres possibles sont inopérants. |
Le collapse est considéré comme le concept théorique d’un point de vue qui ignore l’existence du pilote caché. |
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Ces différents points de vue sont des sujets à des débats sans issue, parce qu’ils ne peuvent pas être tranchés par une démonstration mathématique ou une expérience au résultat irréfutable.
Il s’agit donc avant tout de spéculations associées à un choix philosophique.
Les points de vue associés à une vision philosophique duce que serait le réel se réfèrent à une interprétation qui les conforte. Au marché quantique, il est facile de trouver un argument pour valider une croyance.
Il arrive que plusieurs interprétations se mélangent dans un même discours se revendiquant de la physique quantique, ce qui crée alors une grande confusion.

En considérant les incertitudes laissées par ce qui validé par la physique quantique et toutes les spéculations pour apporter ce qui manque, deux principales questions sont en débat :
La réalité est-elle issue d’un hasard ou d’un prédéterminisme ?
La réalité est-elle une multitude de possibles, théorisée par l’équation de Schrödinger et la fonction d’onde, qui ne se fixent dans une possibilité au hasard que lorsque l’on observe, où existe-t-il un ordre implicite, lié à des variables locales cachées, qui préexiste et l’organise, mais n’apparaît que lors de l’observation.
Ce débat historique entre Böhr et Einstein a été tranché par l’expérience à l’avantage de BOHR, validant l’absence d’une réalité caractérisée, liée à des variables cachées, qui précéderait l’observation et déterminerait ce qui est observé. L’expérience a étudié, à l’échelle microscopique, des particules isolées. On peut cependant discuter cette validation en reconsidérant la valeur de l’expérience sur laquelle elle s‘appuie, qui concerne des particules isolées et qui n’exclut que des facteurs locaux dont l’influence et limitée par une transmission à la vitesse de la lumière.
Un autre point de vue, l’hypothèse dBB (de Broglie – Bohm) postule que la réalité n’est pas hasardeuse mais portée par un pilote caché, dont l’action n’est pas limitée par la vitesse de la lumière. L’hypothèse est tout aussi valide du point des calculs théoriques qui ont une valeur prédictive du même ordre.
Ces deux approches révèlent une divergence philosophique radicale, entre une vision hasardeuse de la réalité, et un prédéterminisme par des lois qui agissent en dehors du champ maîtrisé par les calculs de la mécanique quantique. Cette hypothèse d’un prédéterminisme a été immortalisée par la petite phrase d’Einstein : « Dieu ne joue pas aux dés ».
La théorie quantique est-elle complète ou incomplète ?
La théorie quantique est-elle un socle fiable de l’ensemble de la réalité, ou est-elle une théorie incomplète avec un domaine de pertinence réduit : le monde infiniment petit des particules isolées. Actuellement, les faits plaident pour le deuxième point de vue, avec divers arguments de poids :
– La mécanique quantique n’intègre pas la gravité (c’est déjà énorme !).
– Elle doit effacer l’influence du champ du point zéro (CPZ) par la renormalisation, c’est-à-dire qu’elle se sépare d’une partie de la réalité invisible pourtant connue pour rester valide (cf champ du pont zéro au paragraphe 7)
– L’état quantique disparaît pour se stabiliser dans une seule réalité observable dès lors qu’un certain niveau d’interactions avec les particules de la matière apparaît. Cela concerne en particulier tous les organismes vivants, y compris les plus petits.
Il y a malgré tout une persistance à croire que la théorie est un socle fiable, ce qui conduit à une obstination à l’affiner pour la rendre complète. La théorie des cordes (string theory), la gravité quantique à boucles (Loop Quantum Gravity – LQG) ou la gravité quantique causale (Causal Dynamical Triangulations – CDT) sont des tentatives en ce sens. Elles complexifient une conceptualisation qui devient encore plus inaccessible aux non-spécialistes, sans pour autant aboutir à un modèle satisfaisant et consensuel.
Cette croyance que la physique quantique est potentiellement complète reste forte dans le monde de la science. Elle sous-tend que la réalité macroscopique peut être mieux comprise par extrapolation des lois validées dans la dimension particulaire, et c’est un des facteurs qui conduit à l’illusion quantique.
Convergence
Les deux points de vue minoritaires (la théorie dBB et le caractère fondamentalement incomplet de la physique quantique) convergent au niveau du monde macroscopique dans lequel les lois quantiques ne s’appliquent pas, et dans lequel des lois organisatrices stabilisent une réalité.
Le fait que les lois mécaniques ne traduisent pas la perception que nous pouvons avoir du monde vivant ne veut pas dire que ces lois organisatrices n’existent pas. Elles peuvent opérer dans une division invisible qui se situe au-delà du champ de matière (le vide, correspondant au Champ du Point Zéro).
L’hypothèse quantique est une piste qui se révèle inappropriée du fait qu’elle ne s’applique pas à la réalité dans laquelle nous vivons. Abandonner cette illusion et renoncer au fait qu’une vérité absolue nous soit accessible sont des conditions préalables pour entrer pleinement dans une autre voie, un autre paradigme, qui sera évoqué au paragraphe 10
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5. LE TEMPS EST-IL RÉVERSIBLE ?
Cette interrogation a de quoi perdre sa raison, parce que nous savons tous, en ce qui nous concerne, que nous sommes soumis à une flèche du temps, et que la question ne devrait pas se poser ! Elle se pose parce que dans le monde quantique des particules, tout est réversible et qu’il n’y a pas de direction unique entre passé et futur.
En réalité, la physique quantique admet la flèche du temps, sans pour autant savoir expliquer son origine, ni comment elle s’oppose à un potentiel réversible. On pourrait y voir une contradiction. Les physiciens, dans leur approche scientifiquement honnête et pragmatique qui admet ce qui est validé expérimentalement, voient plutôt la flèche du temps comme un phénomène robuste et bien décrit. Il est donc posé comme un fait brut et non déduit d’un principe explicatif plus profond. Dans cette démarche, les physiciens quantiques reconnaissent implicitement que cette physique est incomplète.
Ilya Prigogine et la flèche du temps
Dans son livre : « La fin des certitudes », ILYA PRIGOGINE développe un réquisitoire sans concession contre la mécanique quantique, du fait que sa théorie ne peut expliquer la flèche du temps. Il a entrepris, dans son domaine de la thermodynamique, de démontrer qu’elle existe réellement. Sa démonstration n’a cependant pas convaincu la communauté scientifique. Il a en revanche clairement montré par ses travaux sur les structures que la flèche du temps est incontournable pour les systèmes complexes. Ces travaux ont été récompensés d’un prix Nobel de chimie. Les êtres vivants étant des systèmes complexes, il n’est donc pas discutable qu’ils sont soumis à la flèche du temps, et leur évolution suit un processus irréversible.
Philippe Guillemant et la rétrocausalité
Philippe Guillemant a fait ses preuves dans le domaine de la physique quantique en tant que chercheur. Il s’est fait connaître du public, à travers ses livres et des interventions dans de multiples congrès, par sa théorie de la double causalité [1] incluant une causalité rétrograde liée à des informations venant du futur, et son rôle dans les synchronicités.
Ses explications faisant une référence aux théories quantiques sont particulièrement difficiles à suivre, puisqu’elles disent à la fois que le futur agit sur le présent, sans qu’il y ait pour autant une réversibilité du temps. Cela présuppose un futur suffisamment défini pour porter des informations précises capables de venir influer le présent, sans pour autant que cela soit une voie obligatoire prédéterminée. Sa théorie postule que l’intention consciente peut fonctionner comme un attracteur rétrograde, et c’est comme cela qu’expérimentalement nous pourrions créer des synchronicités, en attirant un futur choisi dans le présent.
C’est un discours qui plaît, voire qui fascine un public désireux d’une vision du monde plus ouverte que le matérialisme dépressogène. Cependant, ne pouvant comprendre pleinement les fondements quantiques de son explication, tout en adhérant à la conclusion, conforte le fait que la physique quantique serait suffisamment complète pour tout expliquer, et que ceux qui la connaissent pourraient devenir de nouveaux guides pour nous éclairer sur la réalité. Un exemple parmi d’autres de l’illusion quantique…
Le point de vue de l’approche systémique
Une approche systémique propose une autre manière, plus facile à comprendre, d’expliquer comment un futur probable permet de prévoir l’avenir et que le fait de pouvoir le connaître agit sur le présent. Le futur probable est la projection de la mémoire universelle dont la très forte inertie maintient la stabilité des systèmes auto-organisés. L’incertitude sur les prédictions est la conséquence possible de certains changements ultérieurs qui peuvent déstabiliser l’inertie de la force de mémoire et modifier la trajectoire. Dans cette approche, ce n’est pas le futur qui agit sur le présent et le passé, mais le passé qui projette un avenir probable, respectant ainsi la flèche du temps. Deviner le futur en projetant intuitivement la dynamique de la mémoire est de l’ordre du possible, avec toutes les déformations associées à la réception des intuitions. Connaître un futur probable agit forcément sur le présent car cela importe une information nouvelle et son lot de changement comportementaux, conscients ou inconscients.
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6. LA DÉCOHÉRENCE : LIMITE DU CHAMP D’APPLICATION DES LOIS QUANTIQUES
Qu’est-ce que la cohérence quantique ?
En langage quantique, la cohérence a une définition précise qui se fond plutôt mal avec ce que désigne habituellement de ce terme.
La cohérence quantique est la capacité d’un système (électron, photon ou atome) à maintenir une superposition d’états (appelés phases) et des relations bien définies entre ces états qui sont prévisibles et potentiellement stables. Cette propriété est un fondement de la mécanique quantique qui explique des comportements typiques de l’état quantique : l’interférence ou l’intrication.
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Interférence et intrication, deux phénomènes majeurs de l’état quantique L’interférence (interférence en anglais) est un mécanisme dans lequel les probabilités associées à différents états quantiques s’additionnent ou se soustraient, pour créer des phénomènes caractéristiques, comme des franges lumineuses et sombres. Un tel comportement est associé à la nature ondulatoire des particules (électrons, photons, atomes, etc.) et à leur capacité à exister dans une superposition d’états. Elle révèle la nature probabiliste de la réalité avant le collapse qui fixe un état défini. L’intrication (entanglement en anglais) est un mécanisme qui relie deux ou plusieurs particules de manière si étroite qu’elles partagent la même fonction d’onde. L’état quantique de l’une ne peut pas être décrit indépendamment de l’état des autres, alors même qu’elles ne peuvent pas communiquer à la vitesse de la lumière. Le mécanisme est donc non local. Il est constaté et vérifié expérimentalement, sans explication connue, et c’est qui valide l’absence de variables cachées locales déterminant leur état. |
La décohérence
La décohérence décrit la perte de cohérence d’un système quantique, quand il est en interaction dans un environnement (intrication asymétrique abordée dans l’encadré précédent).
Concrètement, cela veut dire qu’un système quantique, dès lors qu’il dépasse un certain niveau d’interaction avec d’autres systèmes, perd son état quantique et se comporte comme un objet défini, tel que cela est décrit en physique classique.
Il n’est pas adéquat de parler de collapse, qui par définition fait suite à un état quantique. La décohérence est la perte de l’état quantique, avec notamment l’absence de phénomène d’interférence entre plusieurs états.
L’exemple popularisé du chat de Schrödinger, qui est à la fois mort et vivant avant le collapse qui va fixer un état stabilisé, est une image purement théorique et totalement illusoire.
Historique de la décohérence
L’hypothèse émise par L’Allemand H. Dieter Zeh en 1970 et développée par le Polonais Wojciech Zurek à partir des années 1980, répond à une observation consensuelle : aucun système macroscopique ne manifeste des propriétés quantiques, ce qui est corrélé avec le fait qu’il n’est jamais isolé. Elle formalise alors le concept d’einselection (environment-induced superselection) dans lequel l’environnement détruit la cohérence d’un système quantique et sélectionne un état stable qui suit une trajectoire unique.
Le phénomène de décohérence est admis sans ambiguïté par les physiciens, par pragmatisme vis-à-vis des observations, sans pour autant accepter le fait que les lois quantiques disparaissent complètement à cette échelle.
Seuil de décohérence
La question à laquelle nous aimerions avoir une réponse est le seuil à partir duquel un système perd sa cohérence quantique. Quelle taille ? Quel niveau d’organisation ? Ce n’est cependant pas à ce niveau que cela se situe. Le facteur déterminant est la force du couplage à l’environnement qui dépend de la masse, de la température, du nombre de degrés de liberté internes, et du niveau d’isolement.
Ainsi, en concevant des structures adaptées dans un environnement adéquat, il est possible d’observer un état quantique sur des structures de taille conséquente. C’est dans cette direction que la recherche travaille à la mise au point des ordinateurs quantiques, avec beaucoup de difficulté.
Application majeure en biologie
Le phénomène de décohérence exclut a priori toute possibilité de cohérence quantique pour les structures vivantes, qu’il s’agisse d’organites, de cellules entières, d’organes (cerveau) et évidemment d’organismes entiers.
Si l’hypothèse que certains phénomènes précis et localisés puissent manifester des mécanismes de type quantique est légitime, il est contestable de parler de biologie quantique, sous entendant que les lois quantiques pourraient éclairer la compréhension globale des êtres vivants.
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7. L’INTRICATION ET LA NON LOCALITÉ
Au départ, il y a un questionnement ancien d’Einstein, Podolsky et Rosen (le paradoxe EPR), puis la proposition d’expérimentation de John Steward Bell pour vérifier si les lois de la mécanique quantique violent le principe de localité, selon lequel les objets ne peuvent être influencés que par leur environnement immédiat. On retrouve en arrière-fond le débat historique entre l’hypothèse de BOHR selon laquelle la mécanique quantique se suffit à elle-même et qui par conséquent est non locale, et celle d’EINSTEIN selon laquelle elle est incomplète du fait de variables cachées, agissant localement, qui déterminent la réalité.
L’expérience d’Alain Aspect tranche le débat
Diverses expériences, dont celle d’Alain Aspect en 1982, ont montré que des particules intriquées, c’est-à-dire ayant été en contact, puis éloignées, se comportent du point de vue quantique systématiquement l’une par rapport à l’autre, instantanément, c’est-à-dire plus vite que ne le permettrait une transmission d’information à la vitesse de la lumière.
Bien que cela soit difficile à comprendre pour de non-initiés, la preuve était ainsi faite de la non-localité de la mécanique quantique. Du fait qu’il n’y a pas de variable cachée agissant localement, il y a bien une superposition de possible dont l’un est fixé par l’observation. C’était le triomphe de la vision de Copenhague (BOHR) et de l’existence d’un hasard qui conduit à la manifestation d’une réalité.
Un autre regard sur la question
L’intrication a donné tort à Einstein qui supposait des variables cachées à action locale, mais pas à l’hypothèse dBB (de Broglie – Bohm) qui a postulé une onde pilote cachée avec une action non locale.
On pourrait dire qu’il est facile de supposer cela pour de pas contredire l’expérience, mais la vision classique de la mécanique quantique postule la non-localité sur la base de l’expérience sans expliquer comment elle peut se manifester. Donc le débat reste finalement ouvert.
Et si la clef était dans le vide (champ du point zéro – CPZ) ?
La seule donnée cohérente dont nous disposons aujourd’hui pour expliquer la cohérence de phénomènes non locaux, contestables pour les puristes mais qui ont le mérite d’exister, est un champ d’information contenu dans le vide quantique (champ du point zéro). Il pourrait réconcilier tout le monde, mais la mécanique quantique a choisi de ne pas le considérer. Pour que les effets du vide n’interfèrent pas avec ses équations (qui deviennent parfois des non-sens), et que des liens puissent être faits avec la relativité restreinte et aboutir ainsi à la théorie des champs quantique, on a eu recours à la renormalisation pour isoler la réalité du vide tout en sachant qu’il existe et qu’il n’est pas neutre !
C’est Là une grande faiblesse de la physique quantique dans sa prétention à devenir une théorie complète. Des physiciens renommés tels que David Bohm, Paul Dirac, Roger Penrose, John Steward Bell ont beaucoup critiqué cette démarche, la qualifiant de procédure illégitime (Bohm, Dirac), de magique (Penrose), de triche qui masque une théorie incomplète ou mal formulée (Bell).
L’avenir dira si c’est la plus grande erreur de la physique du XXe siècle, qui en permettant des avancées spectaculaires dans le domaine où elle s‘applique, s’est engagée dans un cul-de-sac qui ne lui permet pas d’atteindre la complétude à laquelle elle aspire.
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La physique quantique est une science robuste parce qu’elle s’appuie sur des calculs mathématiques rigoureux, explique des phénomènes observés, et peut en prédire d’autres avant qu’ils ne soient vérifiés expérimentalement.
Elle fascine car elle décrit des phénomènes étranges au plus profond de la structure de la matière et de l’énergie.
Elle a cependant ses limites et ses failles qui restreignent son champ d’application.
C’est en négligeant ces limites et en extrapolant ses lois hors de son champ de validité que l’on entre dans l’illusion quantique.
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8. DES LIMITES DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE ET DES ANOMALIES QUI QUESTIONNENT
Les limites de la physique quantique ont déjà été abordées et détaillée. Elles concernent son domaine d’application, les particules et les systèmes non soumis à la décohérence. Ce n’est donc pas une science complète et en aucun cas applicable aux organismes vivants.
Comme son ancêtre du XIXe siècle, la physique quantique est confrontée à des anomalies, théoriques et expérimentales. Elle est en incapacité de prédire et d’expliquer certains phénomènes observés : l’effet casimir, le décalage de Lamb, les forces de Van der Waals. Ces phénomènes font probablement intervenir des fluctuations du vide, que la théorie quantique ne prend pas en compte et tente de contourner par la renormalisation.
Une telle situation, avec les acquis des précédents de l’histoire qui l’ont fait naître, pourrait inciter la théorie quantique à une remise en cause profonde, comme la catastrophe ultraviolette a permis de sortir des bases la physique classique pour inventer une nouvelle science, dans lesquelles les anomalies d’avant ne sont plus des anomalies. En ce premier quart de XXe siècle, ce n’est pas le cas. Les physiciens persistent dans la continuité de leurs acquis. Ils tentent de résoudre les manques et les anomalies en complexifiant des théories qui deviennent de plus en plus incompréhensibles hors des cercles initiés, et sans succès jusqu’à ce jour.
Cette fuite en avant est soutenue par la croyance que les mathématiques peuvent tout modéliser, et que cette approche quantique est potentiellement complète. L’illusion quantique qui maintient l’espoir que la science matérialiste peut expliquer complètement le monde enferme la science dans une voie qui pourrait bien être sans issue. Sortir de cette illusion est une étape pour s’ouvrir à une science, plus vaste, plus simple, plus adaptée à comprendre ce qui nous concerne directement : la vie.
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9. L’ILLUSION QUANTIQUE : UNE TRANSPOSITION ABUSIVE AU MONDE MACROSCOPIQUE
Certains phénomènes dans le monde dans le monde macroscopique sont inexplicables pour la science matérialiste, qui a de ce fait du mal à les admettre, voire les conteste : la perception extrasensorielle, les synchronicités, le pré-sentiment d’évènement à venir, les guérisons inattendues…
Pour ceux qui croient fortement que ces choses-là existent, parce qu’ils le sentent ainsi, ou plus encore s’ils les ont vécus, leur rejet par le monde scientifique conduit prendre de la distance avec la science dominante actuelle, ou se tourner vers une science. La théorie quantique, à la fois validée dans son domaine d’excellence et non intégrée dans les sciences de la vie (biologie, psychologie, médecine, offre alors une voie idéale.
On entend ainsi parler de phénomènes quantiques dans diverses situations de la réalité humaine, en transposant à l’échelle de la biologie ou de la psychologie ce que la science physique a établi et validé au niveau particulaire dans un milieu isolé. Il est cependant évident et reconnu que ces lois ne s’appliquent pas à l’échelle des êtres vivants. Croire que certaines interprétations des lois étranges de la matière infime puissent apporter une validation scientifique à ce que nous vivons dans notre réalité ouvre la porte à l’illusion quantique.
Origine et utilisation du terme « quantique »
Au départ, le terme quantique est dérivé des quantas (paquets), qui avaient une place centrale dans l’hypothèse de PLANCK, la première pierre de l’édifice d’une nouvelle approche des sciences physiques, nommée alors mécanique quantique. La science plus globale construite ensuite sur les bases de cette mécanique révolutionnaire a été appelée physique quantique, bien que les quantas n’y occupent plus une place centrale. Les dénominations « mécanique quantique » et « physique quantique » sont aujourd’hui consensuelles.
Emplois abusifs du qualificatif « quantique »
Dans divers domaines de la vie et des sciences, le terme quantique a été introduit de manière inadéquate pour décrire certains phénomènes ou techniques, sous-entendant implicitement que des bases scientifiques valides expliquent des mécanismes qui échappent à la raison habituelle.
– Les thérapies dites quantiques n’ont rien de quantique, puisqu’elles se situent à un niveau d’organisation dans lequel les mécanismes quantiques ont disparu, du fait de la décohérence. Il s’agit en fait d’une médecine vibratoire ou énergétique, qui agit sur les phénomènes électriques et électromagnétiques présents dans les organismes vivants [2].
– Les sauts quantiques de conscience sont des basculements non linéaires d’un état à un autre, bien loin des sauts quantiques réels qui se situent au niveau des électrons.
– L’attraction quantique par lequel la pensée favorise la réalité fait référence à la non-localité ou aux multitudes de possibles de la fonction d’onde, qui ne sont pas en jeu dans ce phénomène.
– La conscience quantique qui postule des superpositions quantiques dans les microtubules neuronaux se maintiendraient assez longtemps pour subir un collapse gravitationnel orchestré, lié à la conscience, est une simple hypothèse.
– L’homéopathie quantique selon laquelle des phénomènes quantiques seraient à l’origine de la mémoire de l’eau est sans fondement, puisque l’agitation moléculaire intense des molécules d’eau, est incompatible avec un été de cohérence quantique.
– La nutrition quantique n’est qu’une appellation promotionnelle pour valoriser des procédés de dynamisation opaques qui donnerait à certains produits de santé naturels des pouvoirs supérieurs à ceux que l’on attribuerait à sa simple composition.
Un mot à résonance magique pour créer une illusion
Ce qui est qualifié de quantique peut être à la fois contre-intuitif et non réfutable par le profane sans compétence pour comprendre cette science qui a l’autorité pour valider des affirmations.
Comme la physique quantique est à la fois étrange et scientifiquement robuste, elle peut valider des hypothèses spéculatives qui sortent de la réalité ordinaire.
Dans tous les cas, on se situe à une échelle d’organisation dans laquelle les phénomènes quantiques démontrés au niveau particulaire ne s’appliquent plus (décohérence). C’est en cela qu’ils sont abusifs et projette une illusion.
L’illusion quantique
L’illusion quantique est la croyance qu’une théorie scientifique peut nous permettre de comprendre de manière plus certaines des lois auxquelles nous sommes soumis et qui gouvernent notre réalité. Or, ce ne sont que des spéculations de savants qui connaissent les lois du monde quantique et les ont extrapolées à la dimension du monde vivant dans laquelle elles ne s’appliquent pas. À défaut de maîtriser ce savoir, nous ne pouvons qu’admettre quelque chose que nous ne pouvons pas comprendre.
En trame de fond, le paradigme matérialiste
Cette survalorisation des phénomènes quantiques s’appuie sur le paradigme matérialiste selon lequel la connaissance absolue de la matière ouvre la porte à la compréhension de tout ce qui existe, y compris le monde vivant. La capacité des sciences physiques à définir la vérité sur notre réalité se heurte cependant à deux limites :
– Son fondement mathématique nous renvoie au théorème de l’incomplétude de Kurt Gödel [3], énoncé en 1931 et jamais invalidé, selon lequel « les mathématiques ne peuvent pas établir de vérités absolues ».
– La vérité absolue ne peut être atteinte par la connaissance de la matière que si celle-ci est la seule origine de la réalité (hypothèse matérialiste), ce qui est un postulat contestable.
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Il y a aujourd’hui de nombreuses raisons de ne pas tomber dans l’illusion quantique pour mieux comprendre notre réalité humaine, d’autant plus qu’un modèle alternatif, reposant sur la science des systèmes, offre un modèle, certes moins rigoureux du point de vue scientifique et mathématique, mais tellement plus éclairant sur la réalité dans laquelle nous vivons et que nous pouvons observer et expérimenter directement.
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10. LE PARADIGME SYSTÉMIQUE : L’AUTRE RÉVOLUTION
La systémique est une autre manière de penser la réalité
La théorie des systèmes s’est développée au cours du XXe siècle en s’interrogeant sur diverses approches innovantes de la science qui concorde sur le fait que les phénomènes complexes ne peuvent être pleinement compris par une logique linéaire de causes à effet.
Voir : Historique de la systémique [4]
Cette théorie particulièrement innovante qui décrit les systèmes complexes, et en premier lieu les êtres vivants, est parfois caressée par les idées de complexité, de transdisciplinarité, de théorie du chaos… et surtout connue par cette formule souvent employée sans en intégrer la profondeur : « le tout est davantage que la somme des parties ». Les disciplines qui essaient d’intégrer un peu de systémique ne peuvent pleinement entrer dans ce qu’elle est, parce qu’elle est résolument globale et plus grande que toutes les disciplines qu’elle est en capacité d’englober.
Si le tout ne se résume pas à la somme de ses parties, cela veut dire qu’autre chose que les composant d’un système définit la réalité. Les relations entre les parties, qui jouent un rôle majeur, ne peuvent pas être décomposées en unités identifiables, car dans un ensemble, chaque partie est liée à toutes les autres, et la nature de ces relations qui changent selon le contexte modifie cet ensemble. Il n’est donc pas possible de connaître le tout en analysant sa composition, comme le font toutes les sciences réductionnistes (y compris la physique quantique).
La science des systèmes est une révolution car elle considère que le tout, dès lors qu’il est un système complexe, est plus important que ses parties et ne peut pas se décomposer. Elle admet qu’il y a dans de tels systèmes une auto-organisation qui se stabilise suivant des modèles, appelés patterns ou attracteurs. Ces modèles ne sont pas détectables dans la dimension de la matière, et ne peuvent donc pas être compris par les sciences matérialistes. Par l’observation et le calcul mathématiques qui permet d’approcher les modèles d’auto-organisation, elle définit des lois pour comprendre l’évolution de ces systèmes et la prévoir, avec une certaine probabilité et jamais de certitude.
Les structures dissipatives décrites par Ilya Prigogine sont un exemple particulièrement abouti de conceptualisation et de calcul de la dynamique des systèmes complexes.
La systémique rejette totalement le concept d’organisme-machine sur lequel se sont construites la biologie et la médecine moderne. Les organismes vivants ne sont pas des machines sophistiquées, ce sont des systèmes complexes, qui se comportent comme des structures dissipatives, c’est-à-dire que leur survie est un mouvement permanent nécessaire pour se maintenir stable loin de l’équilibre, et leur dynamique non linéaire ne peut se comprendre en totalité par une somme des relations de cause à effet (voir encadré).
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La différence fondamentale entre un organisme vivant et une machine Avec l’avènement de l’intelligence artificielle et des robots que l’on peut imaginer se déplacer librement, prendre des décisions, ressentir des émotions, créer une œuvre d’art… la différence comportementale entre un être vivant va devenir tellement ténue qu’il pourrait être impossible de la détecter. Un être vivant en tant que système complexe, se forme et grandit de lui-même, selon un modèle invisible qui guide son auto-organisation (l’ADN n’a pas tout ce pouvoir !). Il incorpore par lui-même de l’énergie et les composants dont il a besoin. Ses composants se renouvellent en permanence, ce qui lui permet de croître, de s’auto-réparer, et d’adapter sa structure si cela est nécessaire pour préserver sa survie. Son vieillissement n’est pas l’usure de ses composants, qui se renouvellent sans cesse, mais à d’autres mécanismes. La science réductionniste est incapable de comprendre un tel fonctionnement, alors que la systémique le décrit parfaitement, y compris avec une rigueur scientifique dans la dynamique des systèmes non linéaire (structures dissipatives). |
Une telle dynamique est possible parce que de tels systèmes sont portés par une information : leur modèle d’auto-organisation, que l’on pourrait assimiler une « âme » sans, que celle-ci ait forcément les attributs que lui donnent les traditions spirituelles (ce qui est possible mais non nécessaire).
L’approche systémique donne une réponse immédiate à l’un des plus grands mystères que les sciences ne savent pas résoudre : l’évolution néguentropique du vivant (vers davantage d’ordre) opposé à l’évolution entropique de la matière (vers le chaos).
Quand un organisme meurt, il trouve le seul équilibre qui lui soit possible en cessant d’être un système auto-organisé. Il est alors soumis à l’entropie et va progressivement se décomposer selon les lois de la matière inerte.
Le champ du point zéro, souvent négligé car dérangeant
Il y a un point commun entre la systémique et l’hypothèse de l’ordre implicite de David Bohm. Dans les deux cas, un pilote caché détermine l’état d’un système.
En systémique, on parle d’auto-organisation pour décrire la dynamique qui conduit à stabiliser une structure, et d’attracteur pour dénommer le modèle qui détermine cette auto-organisation.
Dans les deux situations, le pilote supposé agit de manière non locale et n’a pas de nature matérielle connue. Cela conduit donc naturellement à le situer hors du champ de la matière, et de reconnaître que son action s’exerce de manière instantanée et partout, sans transmission par des ondes classiques, limitée par la vitesse de la lumière.
La seule explication répondant à cela a été entreprise de manière indépendante par David Bohm aux USA et Andrei Sakharov en Union Soviétique dans la seconde partie du XXe siècle. Il s’agit d’un champ d’information de forme et de mémoire porté par le vide, ce vide que la mécanique quantique a écarté de la réalité par la renormalisation.
La manière dont pourrait fonctionner un tel champ d’information a été développée plus tard par Rupert Sheldrake et Erwin Laszlo [5].
Bien que reposant sur des travaux de physiciens renommés, il s’agit d’une hypothèse qui ne peut pas être validée par les techniques inhérentes à la science matérialiste, ce qui demanderait de faire sauter le postulat actuel de la science (seule la matière existe) et changer radicalement de paradigme.
Le pouvoir explicatif pertinent pour de nombreux mystères de la réalité est cependant fascinant, et faute d’une alternative, mérite vraiment d’être considéré !
L’existence d’un champ d’information et de mémoire organisateur de formes dans le vide avec les propriétés décrites par Sheldrake et Laszlo est un gros pavé dans la mare des références à la vérité. Elle remet en cause l’hégémonie de physique quantique dans la globalité des sciences. Elle désacralise les religions et décrivant les mécanismes par lesquels une sagesse peut être révélée sans passer par l’expérimentation sans qu’il y ait quoique ce soit de naturel. Elle explique le mécanisme d’intuition et de perception des choses invisibles en posant clairement leur limite.
Tout ce qu’elle bouscule et pourrait se retrouver destitué d’un certain pouvoir explique sans doute un certain consensus à ne pas aller dans cette direction.
➥ Voir l’extrait de la DTV sur Champ du Point Zéro [6]
La Dynamique Triangulaire de la Vie [DTV] : une simple hypothèse pour une vision large et complète du monde vivant
Le lien entre un champ d’information porté par le vide (champ du point zéro) contenant les archétypes des modèles de la morphogenèse (apparition des formes organisées), et la systémique qui décrit les systèmes complexes selon les lois de cette auto-organisation, n’est jamais clairement exprimé dans tout ce que j’ai lu et rencontré jusqu’à ce jour. Il me semble pourtant tellement évident pour concevoir une approche systémique globale (holosystémique) !
Ce lien est à la base de l’hypothèse que j’ai développée dans la Dynamique Triangulaire de la Vie [7], en ajoutant un troisième pôle, l’énergie du vide. Cette énergie immatérielle, omniprésente et qui porte le courant du processus vivant, est une force neutre dans son intention. Elle permet à la fois une cohésion temporaire des structures et un souffle permanent qui empêche tout équilibre stable, obligeant ainsi ces structures à évoluer et se renouveler pour maintenir leur stabilité.
La matière (capable de s’auto-organiser), l’information (qui apporte les modèles d’auto-organisation) et l’énergie qui relie le tout dans un ensemble unifié par le sens du mouvement, sont les trois piliers indissociables d’une dynamique qui éclaire tous les aspects du processus vivant : biologie, psychologie, évolution des espèces, santé et maladies…
Il ne s’agit, bien sûr, que d’une hypothèse de recherche à domicile, sans aucune prétention de vérité puisqu’elle ne peut pas être démontrée. Son objectif est de donner une représentation relativement simple de la réalité, dont l’utilité peut être vérifiée par l’expérience personnelle. C’est une représentation qui aide à ressentir notre appartenance au tout, à accepter ce qui ne dépend pas de nous, et agir sur ce qui dépend de nous avec pragmatisme, de manière utile dans le sens de nos objectifs.
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11. LA SCIENCE PEUT-ELLE DÉTENIR LA VÉRITÉ ?
L’accès à la vérité est au centre de l’histoire de l’humanité ? Qu’est-ce qui est vrai ? Qui dit vrai ? Y a-t-il une vérité absolue et si oui peut-on vraiment y accéder ?
Évolution de la référence de vérité dans l’histoire de l’humanité
Quand la religion dominait la communauté humaine, la vérité était révélée et admise par la foi individuelle ou par la pression menaçante des élites. La science a montré plus tard que sur divers points de vue, la religion se trompait (la terre est ronde…), et elle est devenue la nouvelle référence. Sa démarche, très noble, est de considérer comme vrai ce qui est validé par l’expérimentation et vérifiable par qui le souhaite. Et c’est ainsi qu’elle a révélé une somme importante de connaissances dans de multiples domaines. Ces connaissances sont considérées comme pleinement valides dans les conditions dans lesquelles elles ont été expérimentées et vérifiées. Il s’agit donc de vérités relatives, admises par consensus. De telles vérités peuvent être remises en cause, comme cela a été le cas pour le savoir solidement acquis au XIXe siècle sur la nature de la matière avec l’avènement de la mécanique quantique. Les lois de la physique classique n’ont pas pour autant été bannies et elles sont toujours utilisées dans les domaines où elles restent performantes.
Le scientisme, dérive dogmatique de la science
Prétendre que la science détient la vérité en fait une religion, le scientisme, qui repose sur deux croyances arbitraires : le caractère absolu du postulat de départ (seule la matière existe et seul ce qui est démontrable par l’expérience dans la matière est vrai), et la capacité humaine à modéliser tout ce qui existe. Cela conduit à considérer que la science, représentée par ses experts, détient la vérité sur laquelle peuvent reposer les lois, comme auparavant la religion représentée par son clergé.
Science authentique et pragmatisme
Consciente qu’elle ne peut pas détenir la vérité absolue, et que ses connaissances ne sont que les meilleures représentations d’une réalité étudiée par l’expérience, une science authentique et pragmatique ne parle pas de vérité, mais de savoir reconnus comme les plus performants dans un domaine donné.
Dans la mesure où nous n’avons pas la possibilité de connaître directement le réel, seulement en faire une représentation maîtrisable par le cerveau humain ou par une intelligence informatique, la science authentique est bien consciente qu’un savoir acquis par quelque moyen que ce soit ne peut prétendre être la vérité.
Ce qui est acquis par la démarche scientifique, y compris les sciences dites exactes (physique, chimie) ne peut englober l’ensemble de la réalité. Il est donc essentiel de définir, pour chaque savoir, son domaine de compétence et ses limites.
Cartographie des sciences en physique en biologie
– La relativité générale, qui intègre la gravitation comme courbure de l’espace-temps, fournit les équations dynamiques de l’univers à grande échelle. C’est la science reine de la cosmologie, associée à la physique quantique pour intégrer l’infiniment petit des particules, sans que ces deux disciplines soient pour autant reliées entre elles.
– La physique quantique, née de la fusion de la mécanique quantique et de la relativité restreinte avec la théorie des champs et le modèle standard de la structure fondamentale de la matière, est la référence incontestable de l’infiniment petit. Les propriétés premières des particules et des ondes ont été établies par le calcul et vérifiées dans des contextes expérimentaux où elles sont isolées des interférences externes. Ses applications technologiques performantes confirment sa capacité prédictive et la robustesse de sa valeur scientifique. Cependant, comme cela a été évoqué précédemment, sa validité cesse dès lors qu’il y a un certain niveau d’organisation et d’interaction avec l’environnement (décohérence), ou une interférence du champ du point zéro (nécessité de la renormalisation). L’extension de ses lois au monde macroscopique et aux êtres vivants est abusive et illusoire.
– La physique classique qui associe la mécanique de Newton et l’électromagnétisme (Maxwell), a acquis une maîtrise sans précédent à l’époque de la matière, fondée sur la linéarité de la relation de cause à effet. Elle inclut les interactions entre les atomes (chimie) et les relations entre chaleur, travail et énergie (thermodynamique). Elle est à l’origine du développement technologique de l’humanité à partir du XVIIIe siècle. Son modèle particulièrement performant pour maîtriser le monde des machines et de l’énergie à l’échelle macroscopique est toujours une référence en ce domaine.
La physique classique et ses diverses applications (mécanique linéaire, chimie, thermodynamique) sont également le socle de la biologie et de la médecine, résolument mécanistes, qui ont développé un modèle de plus en plus sophistiqué d’organisme-machine. Cette approche scientifique de la vie a donné une haute performance dans la description des détails de fonctionnement et la maîtrise par la technologie des dysfonctionnements identifiés. Elle aussi montré une incapacité persistante à comprendre la globalité d’un être vivant et la vie en général.
Cette mécanisation froide de la vie impose un modèle décalé avec la perception que nous pouvons avoir de ce qui est vivant. Les succès spectaculaires dans les biotechnologies ne peuvent masquer complètement les impuissances liées à l’enfermement dans ses limites de l’approche mécaniste de la vie. Les conséquences sont multiples : incapacité de la médecine à comprendre et prendre en charge les maladies chroniques, incapacité à préserver la biodiversité et l’équilibre spontané de la planète, incapacité à adopter un modèle de psychologie et sociologie favorable au bien-être de l’humanité, malgré un niveau de richesse sans précédent.
L’échec des sciences matérialistes pour aborder la globalité du monde vivant
L’incapacité des approches issues des sciences physiques pour comprendre le processus vivant et proposer des modèles pertinents des organismes nous amène à une question de fond : les lois de la matière peuvent-elles conduire à une connaissance aboutie de la vie et de la dynamique des êtres vivants ?
Cela serait théoriquement possible si l’organisation structurelle et fonctionnelle était la composante première des organismes vivants, à partir de laquelle auraient émergé tous les potentiels qu’ils manifestent, y compris le psychisme et la conscience humaine. Mais cela n’est qu’un postulat !
Ce postulat a fonctionné de manière magistrale pour dominer la matière inerte.
Du côté de la biologie, la modélisation mécaniste des organismes permet de les comprendre et de les contrôler, dans certaines limites. La cible d’action habituelle est la structure biochimique des organismes et les mécanismes biochimiques des processus biologiques. Elle s’enrichirait avantageusement d’une dimension vibratoire en considérant pleinement les phénomènes électriques et électromagnétiques. Mais cela reste dans le paradigme matérialiste, selon lequel la matière (dense et vibratoire) est la réalité première par laquelle on entre pour agir sur l’ensemble.
Cependant, cette approche est bloquée sous un plafond de verre par son approche réductionniste. Elle maîtrise une part importante du monde vivant et s’illusionne sur sa capacité à comprendre le tout. En fait, sa démarche réductionniste qui cherche à reconstituer le tout à partir des éléments est inadaptée à une réalité complexe. Dans une telle réalité, la multiplicité des interactions conduit à une complexité qui échappe à la linéarité de la relation de cause à effet.
Par une simple observation globale, nous pouvons constater que le monde qui résulte de cette science matérialiste n’a pas tenu ses promesses sur le bien-être de l’humanité. C’est pourquoi la vision matérialiste du monde et de la vie est de plus en plus rejetée, ce qui conduit parfois à se réfugier dans des croyances (spiritualité, illusion quantique…), plus conformes aux ressentis intimes de la réalité vécue.
– L’approche systémique retrouve ce qui animait les peuples premiers, en remplaçant la magie par une science rigoureuse qui explique les phénomènes et rationalise le monde invisible organisateur des formes, sans s’appuyer sur un pouvoir surnaturel. Elle est une véritable révolution scientifique, en changeant radicalement de paradigme et de mode de pensée.
Le passage à une pensée non linéaire est difficile, car il demande un renoncement majeur : comprendre les phénomènes par la logique linéaire de la relation de cause à effet, afin de pouvoir les maîtriser. Cette pensée linéaire est le socle du réductionnisme : partir des éléments pour comprendre l’ensemble. Elle est ancrée dans nos cerveaux car le système éducatif n’enseigne que cela. Cet ancrage consolidé par l’habitude de raisonner manifeste une forte résistance à penser autrement.
Penser autrement, de manière non linéaire, conduit à considérer l’ensemble avant les parties, en acceptant que les mécanismes intimes de l’auto-organisation échappent à notre capacité de compréhension mentale. Cela conduit à une approche résolument globale qui cesse de vouloir comprendre et maîtriser le détail, préférant accepter ce qui nous dépasse, comprendre comment cela fonctionne sans chercher le pourquoi, et composer avec. En d’autres termes : s’émerveiller des mystères du monde et de la vie, développer le sentiment d’appartenance à l’ensemble, placer l’intérêt collectif au-dessus l’intérêt individuel, et rechercher la coopération plutôt que la domination.
– Le basculement dans un paradigme systémique dans lequel la connaissance place le tout avant les parties considère différents niveaux de réalité. Le métasystème englobe tout et évolue dans une cohérence qui maintient la continuité de l’ensemble. Chaque système qu’il contient (un être vivant par exemple) forme un tout autonome tout en étant relié au tout. À l’intérieur de chaque système, on trouve des sous-systèmes avec un certain degré d’autonomie (les cellules, les organes). Tous ces niveaux s’imbriquent les uns dans les autres, avec à chaque niveau supérieur, des caractéristiques communes aux niveaux antérieurs et des propriétés émergentes. Cela correspond au système fractal formalisé par les mathématiques.

Les fractales illustrent comment l’auto-organisation se complexifie en conservant sa trame tout en faisant émerger des formes nouvelles. Elles montrent aussi une manifestation de formes dépourvue d’angles droits et de symétrie, tout le contraire des représentations mécanistes
Comparaison entre systémique et sciences réductionnistes (paradigme matérialiste)
Les deux paradigmes se distinguent par un postulat initial, la question fondamentale qui oriente notre recherche de compréhension, le rapport à la vérité, et la motivation de la démarche.
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Paradigme |
Postulat |
Rapport à la vérité |
Motivation de la démarche |
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Systémique |
Les systèmes complexes sont auto-organisés. La question centrale est : « comment ils fonctionnent » |
Le tout est davantage que la somme des parties et il varie selon le contexte et le point de vue. Il n’y a pas de vérité absolue seulement des vérités relatives |
Accepter que les choses soient comme elles sont, apprendre à connaître comment elles fonctionnent, comment elles évoluent et ce qui les aide à évoluer. Contribuer à cette évolution en agissant dans le respect du processus d’auto-organisation |
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Réductionniste (matérialiste) |
Les objets se définissent par les éléments qui les composent. La question centrale est : « de quoi sont-ils composés » |
Le tout résultant de ses parties et de la manière dont elles sont assemblées et reliées. il existe une vérité ultime accessible par la connaissance de tous les éléments qui existent et de leurs interactions. |
Connaître la composition et le mode de fonctionnement d’un objet par les relations de cause, à effet afin de le maîtriser et le moduler selon nos choix.
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La question centrale est : « comment cela fonctionne-t-il en tant que tout organisé » ? La vision réductionniste qui se focalise prioritairement sur le questionnement « de quoi est fait ceci ? » n’est pas rejetée, elle est placée à un niveau secondaire et utile dans certains contextes.
Le schéma suivant montre comment la systémique est spontanément adaptée à la connaissance du tout et du monde vivant, alors que les sciences réductionnistes sont des outils pour comprendre le détail et agir selon des lois mécaniques, ce qui est adapté aux machines et aux organismes vivants quand on les considère comme des machines.
La systémique peut inclure la physique, la chimie, la mécanique et la thermodynamique pour comprendre le détail d’une partie et agir sur elle mais sans l’isoler du tout. En revanche, les sciences réductionnistes ne peuvent inclure la systémique, ou d’une manière partielle dans laquelle elle est dissociée de sa vraie nature.

La médecine montre clairement cette différence. La science médicale actuelle est dans la démarche est réductionniste, avec le culte de spécialisation. Elle est très performante quand elle peut corriger un problème majeur de structure corporelle ou traiter une pathologie aiguë dans laquelle la relation de cause à effet est opérante. Elle est en revanche en échec pour comprendre la vie et la santé dans sa globalité, et pour traiter les pathologies chroniques. Dans les dysfonctionnements chroniques, qui sont des états stabilisés durables, les causalités complexes, multiples et en boucles, rendent les actions reposant sur une relation de cause à effets décevantes.
Adopter une vision systémique des organismes permettrait de conserver le savoir-faire actuel quand il est opérant et globalement bénéfique, et de passer à une autre approche quand il ne l’est pas.
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12. LA NOTION DE VÉRITÉ LORS DE L’ÉVOLUTION PSYCHOLOGIQUE DES VALEURS
La théorie des niveaux d’existence formulée par Clare Graves dans les années 1970, connue aujourd’hui sous le nom de Spirale Dynamique n’est pas reconnue par la psychologie universitaire car elle est spéculative et n’a pas fait l’objet d’étude suffisamment rigoureuse pour être validée par la communauté scientifique. Elle ne peut pas non plus être invalidée, ce qui rend légitime d’y adhérer dès lors qu’elle apporte un éclairage là où il n’y a rien de plus pertinent, ce qui est le cas.
Cette théorie parle de valeurs, telles que les ont définies Milton Rockeach et Shalom Schwartz, dans un modèle qui lui a été rigoureusement étudié et validé en psychologie. Les valeurs dans le modèle de Schwartz se définissent comme les buts motivationnels qui orientent spontanément les comportements individuels. On observe collectivement les manifestations des valeurs dominantes.
Le modèle de Schwartz reste descriptif de 19 valeurs universelles. Celui des Graves est plus ambitieux. Il définit dans un modèle précisément décrit comment le psychisme humain évolue dans une progression de valeurs fondamentales, par différents paliers qui se franchissent toujours dans le même ordre.
Dans le monde d’aujourd’hui, plusieurs niveaux différents coexistent, ce qui crée de multiples incompréhensions et conflit de valeurs. Celui qui domine met en avant l’individualisme et la compétition pour rechercher le succès et profiter de la vie. Il s’appuie sur les sciences comme source de vérité et sur la technologie pour améliorer la qualité de vie. Il est dénué de conscience collective.
Voir : les niveaux d’existence selon la Spirale Dynamique [8]
La référence à la vérité évolue avec les différents paliers : la tradition, le pouvoir du plus fort, la religion, la science expérimentale.
Deux niveaux émergents sont déjà présents en minorité et sont amenés successivement, selon le modèle, à devenir dominants dans un avenir plus ou moins lointain. Ils sont marqués par un virage majeur du point de vue de la vérité, avec un renoncement à la vérité absolue qui permet de considérer sans les rejeter tous les points de vue. C’est l’avènement de la véritable tolérance qui ouvre la voie à la véritable coopération.
Cela conduit naturellement vers la systémique qui peut englober toutes les connaissances dès lors qu’elles n’ont pas la prétention d’être universelles, ni même ontologiquement supérieures aux autres.
Cette libération des dogmatismes permet un pragmatisme qui sait utiliser, selon le contexte, les savoir-faire qui sont alors le plus performantes. Et c’est ainsi que, selon le contexte, la science de référence peut changer sans que cela viole la cohérence d’ensemble.
Voir : La recherche de vérité absolue est une voie sans issue [9]
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RÉFÉRENCES
- Théorie de la double causalité
- Promesses et illusions de la médecine quantique
- Théorème d’incomplétude de Gödel
- Historique de la systémique
- Livres sur le champ d’information
Ruppert SHELDRAKE :
– Une nouvelle science de la vie, Édition du rocher (version originale parue en 1981)
– La mémoire de l’univers, Édition du rocher (1988) – Réédition Ed. Guy Trédaniel (2022)
Erwin LASZLO : Science et champ akashique
Éditions Ariane, collection science et holisme, 2005 (version originale parue en 2004) - Le Champ du Point Zéro
- Article : une autre science de la vie
La Dynamique Triangulaire de la Vie (DTV) : présentation, extrait, version intégrale en flipbook - Les niveaux d’existence selon la Spirale Dynamique
- La recherche de vérité absolue est une voie sans issue
