La migraine est la forme de céphalée la plus invalidante. De multiples solutions sont proposées et aucune n’est pleinement satisfaisante, ce qui rend le choix difficile. Une démarche intégrative, personnalisée et durable est actuellement la meilleure réponse pour les personnes concernées. Cette synthèse est une aide pour cela. Elle est longue, et avec des annexes pour les parties spécialisées, parce que trop simplifier conduirait à compromettre la clarté.
Le sommaire permet d’accéder directement au paragraphes
——————————————–
Les céphalées (maux de tête) peuvent être ponctuelles et associées un déclencheur direct : aliment, boisson ou substance toxique.
Dans les autres cas, elles sont classées en trois groupes, selon le mécanisme de la douleur :
– Céphalées algoplastiques ou fonctionnelles : sans lien avec un mécanisme biologique qui transmet un signal spécifique de douleur au cerveau. On les appelle céphalées de tension lorsqu’il y a le ressenti éprouvant d’avoir la tête comprimée dans un étau, ou céphalées chroniques quotidiennes quand elles sont à la fois modérées et régulières. Elles sont associées à un état de tension interne. Ce sont les plus fréquentes.
– Céphalées vasculaires, liées à une inflammation des vaisseaux de la tête. Ce sont principalement les migraines, secondairement les algies vasculaires de la face
– Céphalées secondaires à une pathologie locale : cervicalgie, névralgie faciale, atteinte des sinus, des yeux, des dents, des oreilles…et plus rarement une lésion organique du cerveau.
Les deux formes les plus fréquentes, les céphalées de tension et les migraines, se distinguent assez clairement par la manière dont elles se manifestent. Une même personne peut manifester alternativement des migraines et des céphalées de tension.
CÉPHALÉES DE TENSION : Elles provoquent une douleur, continue et non pulsatile, la sensation d’un étau autour de la tête. C’est une douleur peu ou moyennement intense et sans signes digestifs associés. Son mécanisme est essentiellement fonctionnel (algoplastique). Elles concernent 20 à 40 % de la population.
MIGRAINES : Elles provoquent des sensations de palpitations ou pulsations qui touchent classiquement un seul côté de la tête (mais dans 30 % des cas elle est bilatérale), C’est une véritable maladie neurologique, au cours de laquelle l’inflammation et la dilatation de vaisseaux cérébraux provoquent une douleur particulièrement pénible, accompagnée de signes digestifs, ainsi qu’une hypersensibilité à la lumière et au bruit. C’est une maladie qui peut avoir des retentissements importants sur la qualité de vie et même sur la validité. 10 à 15 % de la population est concernée, les femmes trois plus que les hommes.
–
1. CARACTÉRISTIQUES DES CRISES DE MIGRAINE
Les symptômes d’une crise migraineuse se répartissent en trois séquences distinctes : les signes annonciateurs (prodromes), la crise douloureuse, précédée ou non d’une aura, et avec ses signes associés, et les manifestations postérieures à cette crise (postdrome).
Selon la fréquence des crises, on distingue les migraines épisodiques et chroniques.
1.1. Les signes annonciateurs (prodromes)
Des signes annonciateurs apparaissent régulièrement quelques heures (jusqu’à 24 !) avant le début des symptômes caractéristiques. Ils varient selon les personnes. On retrouve régulièrement de la fatigue, des changements d’humeurs, une raideur de la nuque, une fringale…
1.2. La crise : deux phénomènes distincts
La crise douloureuse qui définit la migraine est précédée ou non d’une aura, qui est un phénomène associé, distinct et inconstant (environ 1/4 des cas).
● L’aura est caractérisée par des phénomènes nerveux inhabituels et marqués, qui peuvent se manifester dans 4 domaines :
– Auras visuelles : point brillant qui s’agrandit et perturbe la vue, voile ou taches noires, images déformées qui semblent flotter, lumières clignotantes, flashes éblouissants, vision kaléidoscopique…
– Auras sensitives : fourmillements, engourdissements, picotements ou sensations de brûlure qui s’étendent progressivement d’un côté du corps ou du visage, sensation de vertige…
– Auras aphasiques : troubles du langage avec incapacité partielle ou complète de s’exprimer ou de comprendre un message écrit ou parlé.
– Auras motrices : mouvements compulsifs (secousses ou tremblements), difficulté de coordination qui perturbe la capacité à marcher ou à manipuler des objets, faiblesse musculaire spontanée…
Les manifestations de l’aura peuvent être particulièrement angoissantes, particulièrement quand elles surviennent la première fois. Les signes durent en général moins d’une heure, et disparaissent sans séquelle.
● La céphalée migraineuse présente au moins deux des caractéristiques suivantes :
– La douleur est unilatérale.
– Ressenti dans la tête des battements du cœur (douleur pulsatile).
– Une intensité telle qu’il est impossible de poursuivre ses activités et se coucher dans le noir devient une nécessité.
– La douleur est aggravée par le mouvement, ce qui conduit à réduire ou interrompre l’activité corporelle.
1.3. Symptômes régulièrement associés
Trois types de symptômes peuvent être associés à la douleur :
– Digestifs : nausées, voire des vomissements.
– Sensoriels : hypersensibilité à la lumière (photophobie) et/ou au bruit (phonophobie).
– Allodynie cutanée : douleur spontanée ou provoquée par des stimulations tactiles, le plus souvent à la région périorbitaire située du côté e la céphalée. C’est une conséquence de la sensibilisation centrale.
1.4. Les signes post-migraine (postdromes)
Une fois la crise dans son expression intense terminée, le rétablissement total n’est généralement pas immédiat. Pour environ 80 % des sujets, il y a une période postdromique, qui peut durer jusqu’à 2 jours, avec une fatigue marquée : jusqu’à l’épuisement, des difficultés de concentration, un fond de céphalée et une humeur instable. Ces symptômes contribuent à altérer la qualité de vie.
1.5. Diverses formes d’expression des migraines
La combinaison de deux phénomènes de la crise peut conduire à trois situations :
– Les auras sans céphalées ou avec une céphalée discrète.
– Les migraines sans aura, avec une céphalée marquée.
– Les migraines avec aura, ou migraine ophtalmique, dans lesquelles l’aura précède une céphalée migraineuse généralement intense. Environ 1/4 des migraines sont avec aura.
1.6. Diagnostic d’une migraine
Une crise de migraine se définit par l’association des symptômes précédemment décrits. Le diagnostic de maladie migraineuse est posé après 5 crises caractéristiques.
La migraine épisodique en tant que maladie est admise lorsque plusieurs crises se sont répétées, et selon les manifestations, on distingue alors les migraines avec et sans aura.
Il est ensuite intéressant d’affiner le diagnostic et notamment son impact sur la qualité de vie à partir de questionnaires :
– HIT-6 (headache impact test) pour évaluer la sévérité de l’impact des céphalées.
– WHODAS (world health organization disability assessment schedule) pour évaluer l’invalidité due à des problèmes de santé.
– MIDAS (migraine disability assessment) pour évaluer l’impact de la migraine sur les activités.
1.7. Migraine épisodique ou chronique
La migraine chronique se définit par des maux qui se manifestent au moins 15 jours par mois, dont au moins 8 répondent à la définition d’une migraine sans aura (unilatérale, pulsatile, aggravée par l’activité physique et accompagnée de symptômes digestifs ou sensoriels).
La migraine épisodique qualifie par défaut les autres formes de migraines.
La migraine chronique, que l’on appelait auparavant migraine transformée, est l’évolution défavorable d’une migraine épisodique.
De nombreuses migraines chroniques sont la conséquence d’un abus de médicaments destinés à traiter les crises, majoritairement des triptans.
1.8. Migraine de l’enfant
Les enfants ne sont pas épargnés par les maux de tête, qui sont le plus souvent des céphalées de tension et parfois de véritables migraines : douleur pulsatile aggravée par l’activité physique. L’expression des crises est globalement différente de celle observée chez l’adulte.
Les crises de migraine de l’enfant durent moins longtemps et elle est plus souvent bilatérale, les formes unilatérales apparaissant à l’approche de l’adolescence. Elles sont précédées par une pâleur du visage, parfois d’une aura avec des troubles sensoriels.
Les troubles digestifs (vomissements, douleurs abdominales) associés sont fréquents et plus prononcés. Photophobie, phonophobie et sensations vertigineuses sont plus rares.
Dans l’enfance, les garçons sont autant concernés que les filles.
1.9. Une maladie durable, intermittente, qui s’atténue avec l’âge
La migraine est une maladie durable, avec des crises plus ou moins fréquentes. Elle apparaît dans 90 % des cas avant 40 ans, et en principe, s’atténue ou disparaît en vieillissant.
Lors des migraines ophtalmiques, les auras peuvent persister alors que les céphalées s’atténuent.
Pour 80 % des migraineux, les crises se tarissent spontanément entre 50 et 60 ans, probablement en lien avec une réorganisation neurologique.
–
2. PHYSIOPATHOLOGIE DE LA MIGRAINE
La douleur migraineuse est particulière. Elle n’est pas neuropathique parce qu’elle n’est pas reliée à une lésion du système nerveux. Elle n’est pas algoplastique, ou du moins pas typiquement, car il y a bien un stimulus douloureux déclenché par la vasodilatation des vaisseaux cérébraux.
C’est une douleur nociceptive déclenchée par un mécanisme fonctionnel, ce qui fait que l’on peut agir efficacement directement sur la douleur, et aussi faire un traitement de fond pour éviter qu’elle se manifeste.
Le mécanisme qui conduit aux douleurs migraineuses est complexe [1]. De manière simplifiée, on peut dire qu’un ensemble de facteurs produisent un enchaînement de deux phénomènes :
– Des évènements neuronaux qui induisent la crise et peuvent s’accompagner ou non de la manifestation d’une aura.
– Une sensibilisation du système trigéminovasculaire (STV) [2], notamment sa branche ophtalmique, conduit à des activations inappropriées, avec libération de neuropeptides (substance P, CGRP/calcitonin gene-related peptide, neurokinine A) qui provoquent une inflammation locale et la dilatation des vaisseaux, en particulier au niveau des méninges. La conséquence est une douleur, marquées accompagnée de signes caractéristiques de la migraine.
Divers neuromédiateurs sont impliqués dans le phénomène, notamment le glutamate et monoxyde d’azote. Les fluctuations de ces médiateurs par des facteurs indépendants de la crise migraineuse peuvent avoir un impact sur la nature et l’intensité de celle-ci.
Le rôle de l’histamine, qui favorise la dilatation artérielle et pourrait aggraver, voire provoquer des crises est une hypothèse peu documentée.
La répétition des crises de migraines favorise des modifications dans la substance blanche cérébrale, dont les conséquences ne sont pas connues.
–
3. CAUSALITÉ DE LA MIGRAINE
La survenue de migraines est le résultat d’une causalité polyfactorielle qui conduit à l’installation d’un terrain migraineux, et de facteurs déclenchant les crises, qui peuvent aussi se combiner dans un ensemble complexe. Une telle causalité diffère selon chacun. Les facteurs généraux sont ceux que l’on retrouve régulièrement.
3.1. Le terrain migraineux
Le terrain migraineux est une sensibilité particulière du cortex cérébral, trop facilement excitable dans certaines circonstances. Il se développe plus ou moins facilement selon des prédispositions héréditaires. Aux extrémités, certaines personnes ne connaîtront jamais de migraines, alors que d’autres auront du mal à y échapper. Entre les deux, l’apparition ou non de crises dépend du cumul de facteurs favorisants.
Deux types de facteurs influent sur le développement d’un terrain migraineux :
● Génétique et développement précoce : des conséquences durables
Ces facteurs précoces conduisent à une sensibilité de base durable, qui sera amplifiée ou non par le mode de vie.
– Environ un tiers des personnes migraineuses ont des antécédents familiaux. La génétique est influente sans être déterminante. Elle peut notamment, en combinaison avec les conditions de développement précoce, conduire à une déficience du réseau artériel cérébral ou une sensibilisation de la conduction nerveuse dans le cerveau (canalopathie). Cette fragilité aux conséquences de certaines stimulations habituellement bien tolérées, conduit alors à des crises de migraines.
– Plusieurs études tendent à montrer que le stress précoce dans l’enfance (maltraitances physiques, émotionnelles, ou sexuelles, constituant un trauma complexe) prédisposerait à la douleur chronique à l’âge adulte, et en particulier à la migraine [3].
● Facteurs liés au mode de vie : des conséquences modifiables
Certains facteurs liés au mode de vie sont favorables aux migraines. Il est difficile de les définir précisément. On les déduit indirectement des démarches de prévention bénéfiques.
– Le stress chronique, ainsi que les états anxieux ou dépressifs sont des facteurs favorisants communément admis.
– Le rôle de l’alimentation est aujourd’hui établi, il y a en revanche de nombreux facteurs mis en avant qui ont des niveaux de validation très inégaux et qui peuvent agir soit sur le terrain, soit déclencher des crises. Globalement, l’alimentation moderne, souvent pro-inflammatoire, est un facteur favorisant.
– L’excès de médicaments antimigraineux (anti-inflammatoires non stéroïdiens et triptans) peut paradoxalement sensibiliser le système nerveux, qui devient plus sensible et manifeste davantage de crises.
– Le rôle des tensions cervicales ou troubles affectant la posture (états de la fonction visuelle, occlusion dentaire, etc.) sur les muscles cervico-faciaux et les nerfs supra et sous-orbitaires, a été clairement mis en avant par une recherche effectuée dans une station thermale [4]. Il confirme les observations de posturologues et ostéopathes sur des améliorations significatives en agissant à ce niveau.
3.2. Rôles des hormones
La fréquence trois fois plus élevée des migraines chez les femmes pourrait évoquer une fragilisation du terrain. Il y a en fait une sensibilité aux changements hormonaux, que l’on observe par la corrélation entre les périodes de changement et les crises migraineuses qui peuvent être plus ou moins fréquentes, voire présentes ou absentes, et plus ou moins intenses. Les hormones semblent donc être avant tout des facteurs modulateurs qui peuvent déclencher des crises où les inhiber, sur un terrain par ailleurs fragilisé.
On observe ainsi [5] :
– Les premières crises migraineuses d’une femme apparaissent régulièrement avec les premières règles, et y restent associées pour environ la moitié d’entre elles. On parle de migraine prémenstruelle si elle se manifeste durant la semaine précédant les règles, et de migraine menstruelle si elle se déclenche la veille et dure quelques jours. La migraine menstruelle (ou cataméniale) pure qui survient exclusivement pendant les règles est plutôt rare, moins de 10 % des cas. Les crises de migraines associées aux règles sont généralement sans aura.
– Pendant la grossesse, dans 2/3 des cas, les crises se raréfient ou disparaissent.
– La période de périménopause avec une instabilité hormonale est souvent une période d’aggravation, avant une amélioration liée à l’âge, qui n’est cependant pas systématique.
– Les traitements hormonaux ont des effets variables, amélioration ou aggravation selon les hormones apportées, et selon le terrain de la personne.
3.3. Autres facteurs déclenchant (triggers)
La migraine étant une maladie chronique à manifestations intermittentes. La fragilisation du terrain n’est pas en elle-même suffisante pour provoquer une crise, qui survient sous l’impulsion d’un facteur déclenchant.
Celui peut être relativement ponctuel. Une fois la crise déclenchée, elle poursuit son propre processus qui est alors en grande partie indépendant du déclencheur. Agir sur les facteurs déclenchant est donc avant tout efficace en prévention.
De nombreux déclencheurs ont été identifiés. Leur point commun le plus évident est un changement rapide de conditions environnantes, ou un changement marqué qui ne va pas dans le sens des habitudes, dans un domaine qui impacte la physiologie.
– L’hypoxie. Sa capacité à déclencher des crises de migraines chez certaines personnes a été démontrée expérimentalement. Cela explique pourquoi certaines crises se déclenchent lors de séjour en haute altitude, ou qu’elles sont plus fréquentes lors du port d’un masque respiratoire.
L’hypoxie provoquée par le ralentissement spontané de la respiration pour réduire l’intensité douloureuse lors d’une crise est un facteur d’aggravation de la durée de la crise qui peut la prolonger [8].
– Le manque ou l’excès de sommeil.
– Un état de déshydratation (qui sensibilise les méninges).
– Une activité physique intense.
– Des changements de conditions météorologiques, notamment une chute brutale de la pression atmosphérique ou des fortes chaleurs.
– Une poussée de stress ou une relaxation soudaine.
– Des facteurs mécaniques venant aggraver une tension cervicale ou un problème postural.
– Des stimulations visuelles intenses, notamment avec des variations rapides, ou d’autres stimulations sensorielles fortes (sons, odeurs).
– La prise de certains médicaments, notamment de sildéfanil (Viagra ND).
– La crainte d’une crise, en associant un contexte présent à un contexte passé, pourrait logiquement favoriser sa survenue. Cela est cependant difficile à démontrer.
3.4. Facteurs alimentaires
Le rôle des facteurs alimentaires dans le déclenchement des migraines est reconnu. Il est cependant d’une grande complexité, avec un effet plus ou moins marqué selon les facteurs et les personnes. Il est donc inadéquat de généraliser la nature de ces facteurs sur la base de simples observations.
Le cerveau des personnes migraineuses est très sensible aux changements et au stress. Un repas sauté, ou très abondant ou à un horaire inhabituel est un facteur de changement comparable à ceux énumérés au paragraphe précédent. Des excès (café, alcool) sont aussi en cause, pour l’excès qui marque un changement et non pour la qualité de ce qui est consommé. Dans ces situations, ce n’est pas un aliment qui est en cause, mais la déstabilisation suite au changement d’habitude.
Le rôle de certains aliments suspectés de déclencher des crises est détaillé dans l’article :
Alimentation et complémentation dans le traitement intégratif de la migraine
En résumé :
– Certains composants ou additifs peuvent alimenter directement la physiopathologie de la migraine : le glutamate monosodique contenus dans certains aliments transformés, et les nitrates ou nitrites qui alimentent une voie de biosynthèse du monoxyde d’azote.
– Les amines biogènes sont souvent mises en cause, mais seule la tyramine est un déclencheur avéré, et seulement chez certaines personnes. Les données actuelles ne mettent pas en cause l’histamine.
– Des facteurs déclenchant liés aux intolérances alimentaires sont parfois cités. Cela ne repose sur aucun argument fiable. Des déclencheurs alimentaires par mécanisme d’intolérance sont tout à fait concevables et utiles à connaître s’ils sont déduits d’une auto-observation des crises dans un contexte aussi objectif que possible. Ils n’ont pas de vraie valeur et pénalisent inutilement la diversité alimentaire s’ils sont vérifiés sur la base d’une intolérance présupposée, l’effet nocebo étant alors marqué.
– Le rôle du chocolat est confus. Ses constituants, sauf excès, ne peuvent pas expliquer l’effet déclencheur souvent décrit. Le fait de le croire responsable pourrait être un facteur favorisant. Et il semble que les prémices de crises donnent chez certaines personnes des envies de chocolat, ce qui crée une corrélation mais sans lien de causalité.
–
4. TRAITEMENT MÉDICAL DE LA MIGRAINE
Le traitement médicamenteux des crises de migraine et les traitements de fond destinés à les éviter sont largement détaillés dans l’annexe : Traitement médical des migraines
Les médicaments proposés pour traiter les crises de migraines sont souvent une solution de première intention dans la prise en charge médicale.
Ils proposent une réponse en trois niveaux. Les deux premiers ont pour objectif de soulager la crise. Il s’agit de traitements ponctuels, de courte durée, qui doivent être le plus précoces possibles pour optimiser leur efficacité. Le troisième niveau a une visée préventive. C’est un traitement continu à long terme.
La chirurgie propose un traitement causal aux effets durables, efficace dans certaines situations.
4.1. Antalgiques non spécifiques
Tous les antalgiques (aspirine, paracétamol, anti-inflammatoires non stéroïdiens, opiacés) peuvent agir sur une douleur migraineuse, avec un effet généralement limité. Le paracétamol, non anti-inflammatoire, n’est pas intéressant dans ce contexte. Les opiacés ne sont généralement pas prescrits pour éviter le risque d’usage abusif. L’aspirine peut être utilisée si elle bien tolérée.
Les produits de cette catégorie recommandés en cas de crise de migraine sont l’ibuprofène, le kétoprofène et le naproxène.
4.2. Les traitements spécifiques de la crise de la migraine
Les médicaments de références sont les triptans : sumatriptan et 6 autres apparus ensuite (almotriptan, élétriptan, sumatriptan, frovatriptan, naratriptan, rizatriptan, zolmitriptan).
Quand ils ne sont pas contre-indiqués, ce sont des produits généralement efficaces avec une seule prise en début de crise, complétée éventuellement par une autre le lendemain si besoin. Le choix du produit dépend de la manière dont se manifeste la migraine, et des habitudes du prescripteur. La tolérance varie selon les sujets. Leur usage doit être limité. Des prises trop fréquentes augmentent la sensibilisation du cerveau, ce qui facilite la survenue des crises.
4.3. Les traitements de fond (préventifs)
Les traitements préventifs atténuent certains facteurs qui favorisent les crises. Ils doivent pour cela être pris en continu. Ils n’ont pas la prétention de les faire disparaître totalement, simplement de les diminuer significativement, pour améliorer la qualité de vie et ou pour réduire l’excès de médicaments utilisés lors de ces crises. Plusieurs familles de médicaments répondent à cet objectif.
Les principales :
– Les ß-bloquant sont plutôt bien tolérés.
– Un antidépresseur, l’amitriptyline, et un antiépileptique, le topiramate, ont une efficacité avérée mais ne sont pas toujours bien tolérés.
– Las anticorps monoclonaux anti-CGRP (aCGRP) ont été une vraie innovation. Ils sont administrables par voie injectable (une fois par mois). Ce sont les traitements préventifs les plus efficaces, mais leur coût élevé en fait des produits de seconde intention.
– Les gépants sont des produits plus récents, avec un mode d’action approchant de celui des anti-CGRP, avec une prise par voie orale. Les résultats sont mitigés et leur coût élevé.
➥ Quand les traitements préventifs sont-ils utiles ? Comment les choisir ?
Un traitement préventif est considéré comme efficace quand il réduit d’au moins 50 % de nombre de crises de migraines sur une période donnée. Son intérêt est d’améliorer le confort de vie en diminuant les périodes douloureuses, et aussi d’éviter l’abus le traitement de ces crises qui favorise l’évolution vers une migraine chronique.
La prescription d’un traitement médicamenteux de fond pour la migraine doit être réfléchie et bien évaluée, car il nécessite d’être pris en continu pour un effet incertain et partiel, alors qu’il expose à des effets secondaires.
Le choix se fait suivant des algorithmes décisionnels.
4.4. La chirurgie
Une intervention chirurgicale peut être proposée aux personnes souffrant de migraines invalidantes, résistantes aux traitements médicamenteux, et après des questionnaires évaluant le rôle possible d’une compression de nerfs périphériques favorisant les crises de migraines. La méthode ne s’est pas encore développée en France, alors qu’elle est devenue facile d’accès en Suisse, avec coût de 3 000 à 12 000 € selon l’intervention [6].
–
5. TRAITEMENT ÉNERGÉTIQUE DE LA MIGRAINE
Les traitements énergétiques agissent directement sur l’organisme, par des stimulations électriques ou vibratoires directes, ou indirectes en les créant par une piqûre ou une pression (médecine traditionnelle chinoise). Les stimulations peuvent se faire soi-même ou par le canal d’un thérapeute, directement par les mains ou avec l’aide d’un support (cristal, bol tibétain, lumière…). Elles peuvent aussi être émises par un appareillage utilisable de manière autonome (appareil TENS) ou par un praticien spécialisé (soins électromagnétiques pulsés, biorésonance).
Toutes les méthodes sont applicables pour soulager les crises de migraine, dès lors qu’elles sont à disposition au moment de son déclenchement. Ce sont donc les auto-soins qui sont le mieux concernés. Les deux principaux sont la neuromodulation électrique, qui repose sur des données scientifiques et est facilement adoptée par la médecine conventionnelle, et l’acupression dérivée de la médecine traditionnelle chinoise qui se place parmi les méthodes non conventionnelles.
5.1. Neuromodulation électrique
Les techniques de stimulation électrique pour moduler la douleur au niveau du système nerveux se sont beaucoup développées pour offrir une alternative aux médicaments pour traiter les douleurs chroniques.
Elles ont été peu appliquées aux migraines et leur développement se fait progressivement. Leur intérêt théorique est d’être non invasif, sans effets indésirables et de laisser l’autonomie de se traiter soi-même. Ils peuvent traiter les crises ou les prévenir.
Plusieurs dispositifs de stimulation électrique transcutanée (TENS) sont disponibles à la vente en ligne. Les informations données sont clairement promotionnelles Elles parlent de méthodes efficaces et mettent en avant des évaluations avantageuses, sans regard critique sur la méthodologie.
Une revue publiée en 2022 [7] sur les effets de la neuromodulation sur la douleur aiguë lors des crises de migraines conclut à une efficacité réelle mais relative. Il est n’est pas possible de déterminer à l’avance pour une personne si cela sera efficace sur sa douleur, ni quel dispositif parmi ceux qui existent sera le plus avantageux pour elle.
Il y a globalement peu d’effets secondaires observés, essentiellement des désagréments liés à l’impulsion électrique, sans conséquences. Cette sécurité permet la vente libre des appareils.
Plusieurs dispositifs, approuvés par la FDA (USA), sont proposés pour apaiser les douleurs (application ponctuelle) ou pour les prévenir par désensibilisation (applications quotidiennes).
Les principaux sont présentés dans l’annexe : Neuromodulation électrique et migraine
5.2. Acupuncture et acupression
La médecine traditionnelle chinoise propose depuis l’antiquité des traitements par stimulation de certaines zones corporelles (par des aiguilles ou une pression effectuée par les doigts ou les mains), dans le but d’obtenir des effets thérapeutiques en agissant sur le corps vibratoire.
Les effets sont plus ou moins contestés par la science médicale du fait d’évaluations peu significatives. Les personnes qui ont recours à ces soins savent très bien si cela leur est bénéfique ou non, particulièrement quand l’attente est un effet immédiat sur la douleur.
Pour traiter des crises migraines qui peuvent survenir à tout moment, il est difficile d’avoir un praticien à disposition, et donc nécessaire d’acquérir une technique de soin autonome (acupression avec les doigts). Ce peut être par auto-apprentissage à partir d’informations fiables sur les points potentiellement bénéfiques, ou en se faisant enseigner par un praticien expérimenté.
Le point 6 Maître-Coeur (PC 6 ou Neiguan) de la médecine traditionnelle chinoise est le mieux évalué pour réduire les nausées en général, et peut donc être utile lors des crises de migraines. Les points bénéfiques sur la globalité d’une crise de migraine peuvent varier selon les personnes.
–
6. TRAITEMENTS NON MÉDICAUX DE LA MIGRAINE
Les approches non médicales (santé naturelle et psychologie) proposent diverses solutions face aux migraines, pour le traitement des crises et en prévention.
6.1. Traitement naturel des crises de migraine
Il n’y a pas de traitement naturel des crises de migraine qui repose sur des études valides attestant de leur efficacité. Il y a néanmoins des solutions dont les effets sont variables d’une personne à l’autre, du fait de leur situation, de leur confiance dans la méthode, et de la qualité du protocole utilisé.
L’attitude favorable vis-à-vis de ces approches est d’être confiant dans la possibilité d’une amélioration sans prendre à la lettre tous les écrits qui parlent de méthodes efficaces sans nuancer cette efficacité, pour éviter une illusion qui, une fois déçue, détournerait d’une solution potentiellement aidante. C’est en expérimentant dans cette disposition que l’on peut trouver un protocole personnel réellement bénéfique.
– L’hyperventilation volontaire, selon le protocole de Jean-Pierre Chaudot [8], ou en suivant des techniques de yoga, peut selon l’expérience de nombreuses personnes, avoir un effet bénéfique sur les douleurs migraineuses, si elle est pratiquée en tout début de crise. Les résultats varient selon les personnes et d’une crise à l’autre. L’amélioration est attendue au bout de 10 à 20 minutes, au cours desquelles la douleur peut être, dans un premier temps, amplifiée. Appliquer cette solution demande donc une réelle confiance dans la technique et, selon les utilisateurs, la patience d’apprendre à la maîtriser.
– L’aromathérapie propose diverses huiles essentielles pour les céphalées, en application locale sur les tempes, idéalement avec un roller. Le plus logique pour agir à différents niveaux de la douleur est de mettre en synergie des propriétés antalgiques, anti-inflammatoires, antispasmodiques. Cela conduit à associer des huiles essentielles de différentes familles : menthe (poivrée ou des champs), lavande ou camomille noble, basilic exotique ou estragon, gaulthérie, muscadier, camomille allemande (matricaire).– Appliquer du froid (par exemple des glaçons ou un bloc réfrigérant dans un gant de toilette) sur le front et les tempes pour réduire la vasodilatation et du chaud sur la nuque et les épaules pour favoriser le relâchement. Il existe des masques ou bonnets réfrigérants que l’on pose sur la tête ce qui permet une diffusion du froid dans toute la zone douloureuse en associant si besoin un effet occultant de la lumière.
– S’hydrater, et si cela fait envie, manger quelque chose de sucré et/ou consommer une boisson caféinée (café, thé noir, coca-cola…).
– Un soin énergétique peut être efficace sur la douleur migraineuse s’il est appliqué rapidement. Comme on ne peut pas avoir un énergéticien sous la main, ce sont des méthodes applicables en autonomie qui sont adéquates. Acupression ou automassages sur des zones ciblées, Reïki, EFT… : dès lors que l’on possède la technique, pourquoi ne pas essayer ? Ça ne coûte rien et ne présente aucun risque !
– De nombreuses préparations homéopathiques sont proposées pour la migraine, avec des résultats souvent décevants. L’optimisation de cette approche demande un traitement personnalisé faisant suite à une consultation individuelle.
– Trouver une position confortable dans un endroit calme à faible luminosité, et adopter une attitude de détente et d’acceptation, avec une respiration adaptée (cohérence cardiaque), et éventuellement une visualisation de la douleur que l’on pratique régulièrement et qui nous permet de mieux l’accepter et de l’atténuer.
– Essayer de dormir.
6.2 .Traitement de fond et prévention naturelle des crise de migraine par le mode de vie
Des modifications avantageuses de mode de vie ont été évaluées et permettent de véritables améliorations [9]. Elles ont vocation à durer et entrent dans un budget habituel de fonctionnement. Elles permettent ainsi de stabiliser les changements induits et de les rendre pérennes.
La question de la prévention se pose chez les personnes qui ont déjà fait des crises de migraine, et qui ont donc un terrain biologique propice à leurs manifestations.
La prévention médicamenteuse vise à modifier activement certains facteurs favorisants, ce qui perturbe la globalité de biologie en nécessitant des adaptations avec de possibles effets secondaires à court terme, ou pénaliser la santé à long terme (un risque généralement non évalué).
La prévention par neuromodulation (TENS) vise à désensibiliser le circuit conduisant aux douleurs. C’est un véritable traitement fond de la maladie qui serait idéal si son efficacité n’était pas aussi limitée.
La prévention en santé naturelle cible généralement les déficiences ou maltraitances du terrain biologique, ainsi que les facteurs qui favorisent le mécanisme de la migraine ou le déclenchement des crises. Elle propose un programme à définir individuellement, qui peut avoir des effets importants mais qui demande parfois de profond changement du mode de vie, dans différents domaines.
Ce programme peut être assisté de méthode de soins à effet durable.
La santé par le mode de vie, prônée par la naturopathie, validée par de nombreuses études épidémiologiques, est aujourd’hui reconnue par la médecine qui peine cependant à lui donner sa vraie place. Optimiser son mode de vie en répondant au mieux aux critères de santé durable a de nombreux bénéfices, il est cependant souvent difficile de trouver la motivation pour cela. La migraine peut-être le déclencheur, car cela peut avoir des répercussions importantes sur la diminution du nombre de crises, tout en cultivant la santé à long terme.
Plusieurs domaines ont des effets préventifs connus sur les crises de migraine :
● Optimiser son alimentation
La nutrithérapie comme solution aux migraines est largement développée dans l’article : Alimentation et complémentation dans le traitement intégratif de la migraine
Il y a trois niveaux de changement alimentaires pour prévenir les migraines, avec une efficacité qui augmente parallèlement au niveau de contrainte : alimentation santé générale, régime ancestral (Seignalet, paléolithique) et régime cétogène.
Un changement alimentaire sera d’autant plus bénéfique qu’il ne pénalise la qualité de vie personnelle et sociale, et qu’il puisse ainsi durer. C’est pourquoi aller trop vite vers le régime ancestral ou cétogène n’est généralement pas une bonne idée.
● Limiter et gérer son stress
Un stress présent, par son effet déstabilisant sur la biologie de l’organisme, est un déclencheur potentiel de crise de migraine. Pour éviter qu’il survienne trop facilement, on peut agir à deux niveaux :
– Accroître les capacités adaptatives en optimisant le mode de vie (alimentation, activité physique, sommeil), éventuellement par une psychothérapie si des facteurs liés à la personnalité fragilisent le positionnement intérieur face à certaines situations.
– Ajuster le cadre de vie s’il est trop pressant, ce qui conduit parfois à faire des choix importants.
● Favoriser la qualité et la régularité du sommeil
La migraine et les troubles de sommeil sont régulièrement associés, probablement parce qu’ils sont liés à des mécanismes cérébraux communs [10]. On ne peut pas parler de causalité entre mauvais sommeil et migraine, plutôt de facteur d’aggravation qui augmente le risque de passer à une forme chronique [11]. Améliorer la qualité du sommeil et sa régularité entraîne divers changements favorables à la qualité de vie et à la diminution des crises de migraine.
● Avoir une activité physique adaptée
L’activité physique régulière peut être un moyen reconnu efficace pour la prévention des crises de migraine et la réduction des douleurs [9]. Comme dans les autres domaines du mode de vie, la régularité est un facteur majeur de prévention des crises, ce qui demande d’augmenter progressivement l’activité physique si on part d’une situation de sédentarité et d’éviter les efforts trop intenses.
● Ajuster sa posture
Les tensions et douleurs liées à la posture, en particulier les cervicalgies favorisent les crises de migraine. Faire un bilan posturologique et entreprendre si besoin les démarches correctives (orthoptie, occlusion dentaire, port de
● L’environnement
La sensibilité de la migraine aux environnements, et particulièrement aux changements brutaux qui peuvent s’y manifester, invite à faire des choix concernant aussi bien l’environnement extérieur et intérieur.
– À l’extérieur, éviter autant que possible les conditions météorologiques extrêmes, la montée rapide en altitude élevée, les stimulations sensorielles puissantes (lumières, bruits, odeurs).
– L’environnement intérieur est également important, car on y est fréquemment exposé. Il est avantageusement personnalisé pour être reposant et réjouissant. Le design biophile (plantes et matériaux naturels), la vue sur la nature (réelle ou en image) et la présence d’un coin de détente adapté pour les auto-soins sont bénéfiques pour une personne migraineuse.
—————————————————————————–
Précaution générale vis-à-vis des excès et des changements brutaux
Le cerveau des migraineux est sensible à tout ce qui change brutalement. Il peut s’agir de facteurs extérieurs (météo), de réactions intérieures à certaines situations, ou à des comportements changeants concernant l’alimentation, l’activité physique, le sommeil.
Pour réduire le risque de survenues des crises, il est avantageux d’avoir une certaine stabilité dans sa vie, et d’anticiper les changements de manière qu’ils n’impactent pas l’organisme de manière brutale. Cela peut être difficile pour certaines personnalités qui n’aiment pas la routine ou cherchent de sensations par les changements !
—————————————————————————–
6.3. Traitement de fond et prévention naturelle des crise de migraine par les soins naturels
La prévention par des soins naturels diffère des ajustements du mode de vie, car elle a un coût qui vient en surplus, nécessite parfois un professionnel, et ne peut s’envisager en continu à long terme. Cela conduit à privilégier les approches d’apprentissages qui apportent des acquis durables une fois le soin terminé.
● Micronutrition (compléments alimentaires)
La nutrithérapie et la phytothérapie par la complémentation comme solution aux migraines est largement développée dans l’article : Alimentation et complémentation dans le traitement intégratif de la migraine.
Trois micronutriments bénéficient d’évaluations positives satisfaisantes : le magnésium, le coenzyme Q10 et la vitamine B2. Le magnésium peut être utilisé avantageusement à dose physiologique. Coenzyme Q10 et vitamines B2 se sont révélés efficaces à des doses très élevées en comparaison avec les besoins physiologiques. Ils ne répondent donc pas à une carence, mais stimulent spécifiquement certaines voies métaboliques qui favorisent un effet préventif des crises de migraine.
D’autres micronutriments sont proposés, seuls ou associés dans des spécialités, sur des fondements spéculatifs en raisonnant sur un probable effet physiologique, mais sans preuve d’efficacité.
● Phytothérapie
L’intérêt de la phytothérapie dans la prévention des crises de migraine est aujourd’hui assez consensuel. Divers essais cliniques et quelques revues mettent en avant deux plantes : Petasis hybridus et Tanacetum parthenium, secondairement Ginkgo biloba.
Le pouvoir thérapeutique de ecs trois plantes est développé dans l’article : Alimentation et complémentation dans le traitement intégratif de la migraine.
D’autres ont montré des effets potentiels seulement lors d’études préliminaires : curcumine, le citron et la coriandre comme traitement prophylactique de la migraine, et l’utilisation du menthol et de la camomille allemande (matricaire) comme traitement des crises.
● Mélatonine
L’intérêt théorique de la mélatonine pour une personne souffrant de migraine est triple : favoriser le sommeil, protéger les cellules nerveuses de l’inflammation et du stress oxydatif, et une meilleure régulation des oestrogènes. Un niveau plus bas de mélatonine chez les migraineux est une hypothèse dont les tentatives de validation sont contradictoires et peu convaincante. Des essais cliniques ont en revanche montré que la prise de 3 g de mélatonine au coucher quotidiennement réduit de manière significative le nombre de crises et leur intensité, le temps de l’essai. Mais qu’en serait-il à long terme ? Et est-il prudent de conditionner ainsi les rythmes de l’organisme avec un apport exogène de la mélatonine, avec un effet qui peut s’atténuer dans la durée et en risquant de se retrouver, à l’arrêt du traitement, avec une capacité de régulation naturelle défaillante et des troubles important du sommeil.
● Biofeedback
Le biofeedback (ou rétroaction biologique) donne une forme perceptible à certaines fonctions de l’organisme, ce qui permet d’observer directement les effets de certains comportements, réactifs ou volontaires. Le biofeedback par électromyographie (EMG) objective sous forme graphique les courants électriques qui accompagnent l’activité musculaire. Le neurofeedback permet d’observer les ondes cérébrales.
En observant en direct par cette forme perceptible les conséquences de ses réactions ou actions volontaires, le sujet apprend à mieux se connecter à son corps et à moduler ses comportements.
Divers types de biofeedback sont utilisés en traitement préventif des migraines : neurofeedback, EMG sur les muscles de la tête, biofeedback sur le pouls ou les glandes sudoripares.
L’objectif est de faire évoluer son positionnement interne pour créer du changement dans les phénomènes biologiques favorables aux crises de migraines. Il existe pour cela des programmes adaptés.
Il existe de multiples essais aux résultats contrastés, utilisant des protocoles différents, ce qui rend difficile une évaluation globale de la méthode. Le neurofeedback donne les meilleurs résultats, avec dans certains cas une réduction marquée, voire une disparition des crises [12]. Cela reste cependant une démarche coûteuse : pour un résultat optimal, une vingtaine de séances, voire plus, sont nécessaires.
● Hypnose et relaxation
L’hypnose thérapeutique (avec un praticien), la sophrologie, le yoga et les diverses méthodes de relaxation contribuent à réduire le stress, à mieux se connecter à son corps, à améliorer l’acceptation de ce qui est, et participent ainsi à l’amélioration du bien-être général lui-même favorable à la diminution des crises de migraines.
L’hypnose, par l’effet de la suggestion, peut avoir des effets durables sur la prévention des crises. Ses effets peuvent être entretenus par une pratique régulière d’autohypnose, avec un guidage sonore enregistré.
● Thérapies cognitives et comportementales (TCC)
Les TCC de la deuxième vague ont pour objectif d’identifier et de faire évoluer les pensées et les comportements qui contribuent aux migraines, ce qui peut améliorer le vécu de la maladie, et la réduction du nombre de crises en agissant sur l’effet déclencheur de la crainte que celle-ci arrive.
Les TCC de la troisième vague (thérapie ACT et méditation pleine conscience) sont encore peu évaluées, et montre des premiers résultats positifs [13].
La démarche ACT consiste à accepter pleinement la maladie et à mobiliser son énergie pour aller vers tout ce qui peut l’améliorer. En plus de ses effets directs, elle conduit à un positionnement idéal face à la maladie avec une dynamique dans laquelle diverses méthodes peuvent s’associer.
● Autres méthodes
L’homéopathie, l’acupuncture et la sophrologie ne disposent pas d’évaluation positive pour le traitement préventif des migraines. S’agissant de méthode de santé globale avec une technique personnalisée selon le terrain de la personne, leur évaluation par des essais cliniques est donc inadaptée. Elles interviennent favorablement dans un parcours global de soins, particulièrement pour les personnes qui connaissent un praticien de ces méthodes en qui elles ont toute confiance.
–
7. APPROCHE INTÉGRATIVE, PERSONNALISÉE ET DURABLE DE LA MIGRAINE
7.1. Quatre constats majeurs sur le traitement de la migraine
Une synthèse aussi large que possible des différentes solutions proposées pour traiter les migraines conduit à quatre constats majeurs :
- Le traitement de la migraine comprend deux volets faisant appel à des solutions différentes : le traitement des crises (réduire leur durée et l’intensité des symptômes) et la prévention (réduire le nombre de crises, idéalement les faire disparaître). La disparition des crises n’étant jamais certaine, il est nécessaire d’avoir une solution prête à l’emploi si l’une se déclenche.
- Les nombreuses solutions proposées obligent à faire des choix. Ces solutions sont diversement évaluées et pour celles qui le sont, l’effet est généralement partiel et disparate. Aucune ne peut apporter seule une amélioration pleinement satisfaisante, et on ne peut savoir si une méthode va être efficace avant de l’avoir essayée. Ainsi, il existe de nombreux programmes proposés, tous différents, faisant l’objet de nombreux livres (plus de 15 en langue française depuis 2009), chacun pouvant satisfaire certaines personnes et pas d’autres. Le programme idéal est donc personnalisé et se construit sur mesure.
- Les traitements médicamenteux souvent proposés en première intention, et mieux pris en charge par les assurances maladies, sont cependant loin de la solution idéale. Plus d’un tiers des personnes migraineuses n’y ont pas recours. Pour celles qui entreprennent un traitement de fond, l’adhésion est faible, moins de 30 % à 60 mois et mois de 20 % à 12 mois selon une étude américaine [14]. Les médicaments qui fonctionnent le mieux (les triptans lors des crises aiguës) doivent être utilisés modérément pour ne pas devenir un facteur de chronicisation de la migraine.
- Plusieurs revues sur les essais cliniques entrepris pour la migraine ont étudié les résultats obtenus dans les groupes témoins ou placebo [15] [16]. Les bénéfices obtenus, significativement élevés, diffèrent en moyenne selon le type de soin et sont répartis de manière hétérogène selon les sujets. Des résultats positifs par simple effet placebo sont retrouvés, selon les méthodes testées et le contexte, dans 15 à 38 % des cas, ce qui leur donne un niveau d’efficacité équivalent à de nombreuses techniques de soins. Il y a donc une réelle capacité d’autoguérison dans la migraine.
7.2. Quatre grandes orientations dans la stratégie thérapeutique
Les 4 constats précédents conduisent à poser dans quatre grandes orientations dans une stratégie de soin qui peut être proposée à une personne migraineuse :
- Du fait de la capacité d’autoguérison clairement mis en évidence par les effets placebos observés, il est particulièrement avantageux d’inclure dans le programme ce qui favorise l’effet placebo : qualité de la relation thérapeutique, adhésion au traitement, confiance dans le potentiel d’amélioration.
- Prévenir est la priorité du traitement, il est plus avantageux de ne pas avoir de crises que de savoir les soigner. Traiter immédiatement les symptômes d’une crise déclarée est cependant une urgence, pour éviter de souffrir inutilement et réduire la sensibilisation cérébrale qui favorise la chronicité. On ne peut donc pas dissocier traitement de fond et traitement des crises.
- Le traitement optimal pour une personne souffrant de migraine est un programme personnalisé qui associe plusieurs méthodes de soin répondant à quatre critères : la personne adhère au principe du soin, elle le supporte, il entre dans son budget, et elle peut en ressentir les bénéfices. Les méthodes sont choisies en collaboration avec un accompagnant en mesure de proposer un vaste choix avec les informations adéquates sur l’efficacité moyenne, la tolérance, le coût.
- Les médicaments, du fait de leur relative efficacité associée à des effets indésirables potentiellement néfastes, ne sont ni prioritaires, ni à bannir. Ils sont un recours nécessaire en cas d’échec ou d’insuffisance des solutions naturelles dépourvues de conséquences néfastes.
7.2. Quatre piliers d’un programme général
Ces quatre grandes orientations permettent de poser les quatre piliers d’un programme général, optimisé, cohérent, destiné à traiter les crises et à développer une prévention aux effets durables, qui se personnalise par le choix des techniques adaptées à la personne.
1. Avant toute chose, adopter le positionnement proposé par la thérapie ACT avec ses deux axes :
– Acceptation de la réalité incontournable : être migraineux et donc susceptible de faire des crises.
– Engagement à s’investir dans tout ce qui est bénéfique pour moins souffrir de ces crises et favoriser leur raréfaction, voire leur disparition.
Cette démarche pourrait sembler secondaire. Elle est cependant majeure en étant bénéfique à deux niveaux :
– Elle apporte un bénéfice direct sur le vécu des crises et leur diminution.
– Elle porte la dynamique du programme choisi et favorise sa réussite.
2. Mettre en place une auto-observation écrite, que l’on appelle couramment le carnet de migraine.
Il s’agit de de développer une connaissance de sa propre maladie, en particulier ce qui la déclenche, et les traitements qui sont bénéfiques. Il ne s’agit pas de se focaliser de manière obsessionnelle sur la migraine, ce qui aurait un effet contraire à ce qui est recherché en favorisant des crises. L’objectif est de s’investir pleinement pour devenir son propre spécialiste qui va optimiser le mode de vie et les méthodes de soins choisies en fonction des observations. La juste position est celle qui se libère de la peur des crises en acceptant qu’elles puissent arriver, parce qu’il y a alors une solution pour la traverser, et qui développe la curiosité d’observation si l’une survient : qu’est-ce qui s’est passé avant, quels sont les symptômes et avec quelle intensité, quelle solution de soin est utilisée, quel est le résultat (durée de la crise, évaluation de la pénibilité de l’ensemble de la crise : +/++/+++/++++.
Il est nécessaire pour cela de disposer :
– D’un calendrier annuel sur lequel on peut colorer tous les jours de crises. Il y aura ainsi une vue d’ensemble qui renseigne sur une régularité ou saisonnalité, et une possibilité d’évaluation de l’amélioration générale.
– Une fiche d’auto-observation des crises permettant de noter tous les renseignements utiles pour mieux connaître les déclencheurs de crises et les solutions efficaces pour les stopper.
Fiche imprimable d’auto-observation des crises de migraine
3. Mettre en place une panoplie organisée de solutions pour traiter les crises
En premier lieu croiser le ressenti positif vis-à-vis de certaines techniques et leur efficacité évaluée, puis ajuster progressivement les solutions en fonction des effets obtenus et notifiés par l’auto-observation. Les médicaments, posologie et protocoles de prise, sont définis avec le médecin traitant.
Disposer de cette panoplie organisée a un effet rassurant qui limite la crainte que les crises arrivent, ce qui a un effet bénéfique sur la prévention.
Les diverses solutions pouvant calmer une crise de migraines ont été décrites précédemment (paragraphes 4,5 et 6) et peuvent se répartir en 4 niveaux :
– Comportement : s’isoler dans un espace adapté à l’abri des stimulations sensorielles, améliorer l’oxygénation, s’hydrater et, si cela fait envie, consommer un aliment sucré et/ou une boisson caféinée.
– Pratiquer un auto-soin direct préalablement choisi ou selon le ressenti du moment, parmi ceux qui ont été introduits dans la panoplie : hyperventilation volontaire, application de froid sur le front et les tempes, acupression, cohérence cardiaque, relaxation EFT, neuromodulation (si on possède un appareil) : et/ou utiliser un produit de soin naturel adopté et approvisionné (préparation d’aromathérapie, homéopathie…).
– En cas d’échec, ou directement, si c’est la seule solution habituellement bénéfique, prendre le médicament choisi en première intention (paracétamol, aspirine, AINS ou triptan).
– Si le résultat n’est pas satisfaisant, ajouter au bout d’un temps défini par le protocole prescrit, le médicament prévu en seconde intention.
Une fois la crise terminée, penser à noter tous les éléments de l’auto-observation.
4. Mettre en place un programme de traitement de fond de prévention des crises qui s’intègre dans le mode de vie
C’est le traitement préventif qui peut significativement améliorer la maladie jusqu’à se sentir guéri. De nombreux facteurs peuvent entrer dans un programme personnalisé. L’objectif n’est pas d’essayer de tout cumuler, il est de faire entrer dans un nouveau mode de vie cohérent et choisi de manière à être plaisant le maximum de conditions favorables.
Les facteurs généraux sur lesquels il est avantageux d’agir se répartissent en quatre groupes :
a) optimisation du mode de vie
Trois facteurs directement intégrés dans le mode de vie ont un impact fort sur le déclenchement de crises de migraines, l’alimentation, le stress, et la qualité du cadre de vie.
– L’alimentation est atout majeur, et elle pourra apporter des changements d’autant plus marqués que le point de départ avant changement est éloigné de l’alimentation santé. Il y a divers niveaux de cadre alimentaires, précédemment décrits, apportant différentes conditions de réduction de l’inflammation et de la nutrition cérébrale. Le choix peut être ambitieux mais doit avant tout être réaliste. Les effets sont durables si le changement alimentaire est pérenne. Il ne peut donc pas être perçu comme une contrainte.
L’évitement d’aliments supposés déclencheurs ne se justifie que si ce rôle déclencheur a réellement été observé. Perdre de la diversité alimentaire et du plaisir gustatif alors que cela n’a pas d’effet est au final désavantageux.
– Gérer le niveau de stress est une autre priorité. Il ne s’agit pas de pratiquer des techniques « anti-stress » qui sont utiles ponctuellement mais ne changent pas le fond. C’est une démarche durable qui invite à faire des choix, recomposer son emploi du temps, travailler si besoin sur des comportements dysfonctionnels en psychothérapie… Le positionnement allant vers l’acceptation et l’engagement à agir sur ce qui dépend de soi, placé en préalable à ce programme, va en ce sens. C’est globalement une démarche de bien être qui a un effet préventif sur les crises de migraine et bénéfique bien au-delà.
– Recomposer l’architecture de son cadre de vie, dans la mesure du possible, de manière à vivre dans un logement agréable, limitant les fortes stimulations sensorielles (lumière, sons, odeurs), et avec dans l’idéal un endroit de repli adapté pour se détendre et gérer les périodes de crises.
Éviter autant que possible les changements importants de rythme ou de conditions externes dans les domaines associés au déclenchement des crises lors des auto-observations (sommeil, repas, température extérieure, exercice physique…).
b) Les auto-soins préventifs
Les auto-soins préventifs ne sont pas directement intégrés dans le mode de vie. Pour optimiser leur efficacité, ils doivent y faire leur place afin d’être pratiqués régulièrement.
– L’exercice physique est un facteur majeur de santé générale. Dans un cadre de prévention des migraines, il a avantage à ne pas aller dans l’excès d’effort et d’être régulier. Il inclut avantageusement des techniques orientales (yoga, tai-chi, qi-gong…) qui favorisent la présence à soi et la détente corporelle.
– Une pratique régulière, selon l’affinité, de méditation, sophrologie, autohypnose ou tout autre technique permettant à la fois de se détendre et de se réaligner sur ses objectifs est particulièrement utile pour rester relié au sens qui a été donné à ce programme.
– La neuromodulation préventive (qui nécessite d’investir dans un appareil) ou le neurofeedback (avec un coût élevé de séances), sont des atouts supplémentaires et ne doivent surtout pas être perçus comme une nécessité si pour diverses raisons, financières notamment, elles ne peuvent pas entrer dans le programme.
c) Traitement de fond préventif médical
Le traitement de fond par médicament est mis en avant par l’approche médicale qui dispose pour cela d’une vaste panoplie de produits. Un tel traitement peut dans certains cas être très efficace et améliorer fortement la qualité de vie. La réalité statistique est que leur efficacité est incertaine, le plus souvent limités (certaines crises persistent), qu’elle peut s’accompagner d’effets secondaires qui annulent les bénéfices ressentis. Le rapport bénéfice/risque est très variable d’une personne à l’autre et imprévisible.
C’est une solution logiquement envisageable dans une démarche de santé durable lorsque la migraine est invalidante, et que l’optimisation du mode de vie associée aux auto-soins préventif n’a pas apporté d’amélioration significative. Il convient alors de choisir avec un médecin compétent dans le domaine les produits les mieux adaptés, et l’ordre de priorité pour tester des alternatives en cas d’effets décevants. Les anticorps anti-CGRP donnent globalement les meilleurs résultats. Ils ne sont pas proposés en première intention du fait de leur mode d’administration injectable et de leur coût élevé.
d) Traitement chirurgical
Le traitement chirurgical, par injection de toxine botulinique (pour une durée de 3 mois), ou par une chirurgie plastique de décompression des nerfs (en espérant un effet durable) peut être une solution très efficace quand la compression des nerfs est un facteur important de la migraine, ce qui peut être évalué par des tests préalables.
L’injection de toxine botulinique est proposée en France dans le parcours médical pour les migraines chroniques uniquement après échecs de tous les autres traitements.
La chirurgie plastique est un choix personnel qui demande un investissement financier important pour un résultat probable si les prétests sont correctement faits, tout en restant incertain.
–
NOTES ET RÉFÉRENCES
- Hélène Ollat : physiopathologie de la migraine – Neuropsychiatrie : Tendances et Débats 2004, 24 : 31-39
- Le nerf trijumeau est la 5ème paire de nerfs crâniens, avec trois branches (ophtalmique, maxillaire et mandibulaire) qui transmettent la sensibilité de la face, des méninges et des vaisseaux sanguins. Il transmet au cortex cérébral des afférences sensitives et douloureuses.
- 3. F. Radat: Stress et migraine – Revue Neurologique 2013, 169 (5) : 406-412
- Jean Thomas & al ; Bilan des acquisitions sur la migraine à Vittel – Presse therm climat 2002, 139: 147-164
- B. Nater J. Bogousslavsky : Migraine et hormones – Revue Médicale Suisse, Médecine & Hygiène 2390, mai 2002
- Chirurgie de la migraine – Global Migraine Surgery à Lausanne
- Oliver Clark & al : Non-invasive neuromodulation in the acute treatment of migraine: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials – Neurological Sciences 2022 : 43 : 153–165
- Dr Jean-Pierre Chaudot : Bye bye migraine – Dangles Éditions 2021.
Il s’agit, après une entraînement hors crise, de faire des séries d’hyperventilations volontaires en soufflant fortement afin de déterminer le nombre de respiration induisant le tournis dans la tête. Lors d’une crise de migraine, faire des cycles de ce nombre de respirations définies entrecoupées de pauses de quelques secondes s’il n’y a pas de tournis (ce qui est régulièrement le cas dans les premiers cycles lors d’une vraie crise migraineuse) ou lorsque celui cesse s’il se manifeste. Recommencer ainsi des cycles jusqu’à la diminution significative de la douleur.
La méthode exposée par l’auteur et ayant fait l’objet en 2015 d’une thèse de médecine sous sa direction est relayée par des personnes qui l’ont expérimentée avantageusement, mais n’a fait l’objet d’aucune publication scientifique en 2024, c’est pourquoi elle n’est pas citée dans les divers articles synthétisant les solutions naturelles face aux crises de migraines.
Selon une étude préliminaire ayant fait l’objet d’une thèse de médecine (Guillaume Tronche : évaluation de l’efficacité d’une technique d’hyperventilation contrôlée dans le traitement de la migraine de l’adulte – Université de Bordeaux, 2015, il y a une grande disparité selon les participants dans les résultats obtenus.
- Marta Waliszewska-Prosól & al : Migraine and Sleep-An Unexplained Association? – Int J Mol Sci, 2021, 22(11) :5539.
- AM Adams & al: The impact of chronic migraine: The Chronic Migraine Epidemiology and Outcomes (CaMEO) Study methods and baseline results – Cephalalgia 2015; 35(7) : 563 78.
- P. Lenoir(Centre National Ressources Douleur) : Approches non-médicamenteuses de la migraine
- JE Walker – QEEG-guided neurofeedback for recurrent migraine headaches – Clin EEG Neurosci, 2011, 42(1) : 59-61.
- L Grazzi & al: Acceptance and commitment therapy for high frequency episodic migraine without aura: Findings from a randomized pilot investigation – Headache 2021, 61(6) : 895-905.
- Z Hepp & al: Adherence to oral migraine-preventive medications among patients with chronic migraine – Cephalalgia. 2015; 35(6):478-88
- Femke M de Groot & al: Headache: The Placebo Effects in the Control Groups in Randomized Clinical Trials; An Analysis of Systematic Reviews – Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics 2011, 34(5 ): 297-305
- K Meissner & al: Differential Effectiveness of Placebo Treatments A Systematic review of migraine prophylaxis – JAMA Intern Med. 2013;173(21):1941-1951November 25, 2013
———————
Illustration : geralt – licence Pixabay
